Une expulsion justifiée

La décision unanime du caucus conservateur d’expulser le député Jim Parrott est tout à fait justifiée. Le député de Fundy-River Valley aurait, selon le premier ministre David Alward, enfreint à plusieurs reprises la règle de la confidentialité des discussions du caucus.

Roger Ouellette

Le député Parrott avait fait la une des journaux pour ses critiques à l’endroit de son propre gouvernement concernant l’achat d’appareils d’imagerie de résonance magnétique. Lorsque celui-ci s’est prononcé contre la duplication de services de santé pour des raisons linguistiques, il a franchi la ligne rouge.

La question linguistique est un dossier particulièrement sensible au N.-B. Unilingue anglophone et originaire du Manitoba, le Dr Parrott n’a visiblement pas compris que dans sa province d’adoption, les partis politiques traditionnels évitent de politiser cet enjeu.

Il faut se rappeler que la première loi sur les langues officielles de 1969 et celle de 2002 ont été adoptées à l’unanimité par l’Assemblée législative. Le Dr Parrott venait de s’établir au N.-B. lorsque le parti CoR a formé l’opposition officielle en 1991. La naissance de ce parti antibilinguisme avait profondément divisé les militants conservateurs.

L’ancien premier ministre Bernard Lord a rebâti le PC après son humiliante défaite en 1987 aux mains des libéraux de Frank McKenna. La victoire éclatante des conservateurs en 1999 va accélérer la disparition du CoR et certains de ses anciens membres vont retourner au bercail. Toutefois, ils devront clairement afficher leur respect des valeurs du Parti progressiste-conservateur, dont celles touchant les langues officielles.

Le premier ministre Alward se devait d’agir de manière décisive afin de préserver l’unité dans son parti. La discipline de parti est un élément fondamental de la démocratie représentative de type britannique. Car ce système repose sur le principe du gouvernement responsable. Lorsqu’un gouvernement n’a plus la confiance de la Chambre, il doit démissionner. Pour les députés, le caucus est le lieu pour faire entendre leurs points de vue. Une fois qu’il y a consensus ou que la majorité s’est exprimée, tous ses membres doivent faire preuve de solidarité.

Sinon, rien ne les empêche de démissionner!