«Moi, j’raconte des histoires»

Pour prendre la relève de la Nuit internationale du conte en Acadie (NICA), le Festival duconte de la Baie se tient présentement dans la grande région de Petit-Rocher. Ce festival veut faire la promotion du conte comme un aspect important de notre culture.

Des paroisses de l’unité pastorale de la région Chaleur ont voulu s’associer à ce Festival.

Cette collaboration veut montrer à quel point le conte et la narration font partie de l’essence même de l’Église et de sa grande tradition. Vous êtes sceptique?

Transmission d’histoires et d’expériences

Le christianisme repose sur la vie d’un homme qui a vécu il y a 2000 ans. Ceux qui ont été témoins de ses gestes et de ses paroles ont été transformés (autant de l’intérieur que de l’extérieur). Et ils ont cherché à le dire.

Le point de départ du christianisme est dans cette expérience des privilégiés qui ont vu Jésus, qui ont mangé avec Lui et qui ont été témoins de ses miracles. Ceux qui ont vu Jésus et ce qu’Il a fait ont voulu le transmettre à d’autres. Toute la tradition chrétienne repose sur la transmission de cet événement.

Il y a quelque chose de fascinant dans cette transmission… quelque chose de bouleversant. C’est comme si je pouvais dire «Moi, je n’ai pas vu Jésus. Je ne l’ai pas entendu. Je ne l’ai pas touché. Mais j’ai serré la main de mon grand-père qui lui, avait serré la main de son père, qui lui avait serré la main de son père…» Cette suite ininterrompue de mains qui serrent d’autres mains à travers le temps se rend jusqu’aux mains des disciples qui ont touché la main de Jésus qui tient la main de son Père.

La transmission de la foi, c’est cela: l’histoire de Jésus qui a été racontée à d’autres, qui l’ont dit à d’autres, qui l’ont dit à d’autres, qui finalement me l’ont dit. Et moi, à mon tour, je la raconte à d’autres qui le diront à d’autres. L’histoire n’aura jamais de fin.

L’important dans tout cela, ce n’est pas seulement l’histoire qui est racontée. Il y a plus.

L’essentiel est dans l’expérience que l’histoire suscite en nous. En racontant Jésus, nous entrons en contact avec Lui. Son Esprit nous anime et nous pousse à agir comme Lui.

Raconter une histoire pour transmettre une expérience qui change une vie. C’est le défi de l’Église depuis ses origines. Et cela ne saurait se transmettre d’une meilleure manière que par des personnes qui entrent elles-mêmes dans l’histoire et qui y jouent un rôle. Ce sont les acteurs de l’histoire, les chrétiens, qui sont les meilleurs conteurs.

En disant que «la foi en Jésus-Christ ne peut que naître de la rencontre avec un chrétien qui croit en Jésus-Christ» (Kasper), nous disons quelque chose sur la foi chrétienne. Ce qui nous lie à Jésus, ce sont des personnes qui racontent une histoire. Même en indiquant l’Église, les Écritures ou les sacrements comme lieux de transmission de la foi, on ne peut minimiser la densité humaine derrière ces réalités.

Ce sont des personnes qui forment l’Église. C’est aussi par des êtres humains que la Parole se rend jusqu’à nous. C’est aussi par des ministres que les sacrements s’accomplissent.

La foi est une relation instaurée par Jésus et accessible aujourd’hui grâce à l’Esprit. Sans cette expérience, le message reste une belle fable, et la morale une utopie.

Si l’aventure de la foi est une relation avec Dieu, la meilleure façon de la transmettre est d’entrer en communication avec les autres. De la joie de ces relations humaines naissent le désir et la possibilité d’entrer en communication avec Dieu. Cela peut changer une vie.

C’est pour cela que j’raconte des histoires. Sachant que l’essentiel n’est pas dans ce que je raconte, mais dans l’esprit qui s’y dégage.

Raconté une histoire à des enfants. Les histoires ont ce pouvoir de laisser libre l’imaginaire de chacun pour qu’il invente à son tour sa propre histoire.

Trouvé ce passage de saint Paul alors qu’il disait aux gens que l’histoire du salut est écrite «avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierres, mais sur des tables de chair, sur des cœurs» (2 Co 3, 3).

Quelques événements de la semaine

Lu un passage de l’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi qui exprime bien que les relations sont au coeur de l’évangélisation: «Il ne faudrait pas que l’urgence d’annoncer la Bonne Nouvelle aux masses d’hommes fasse oublier cette forme d’annonce par laquelle la conscience personnelle d’un homme est atteinte, touchée par une parole tout à fait extraordinaire qu’il reçoit d’un autre»
(EN, no 46).

Découvert la programmation du Festival du conte dans la vallée de Memramcook, du 4 au 7 octobre. Les 4es «Parlures d’icitte» visent aussi à faire la promotion de la lecture et de l’écriture à travers de multiples activités un peu partout dans la vallée. Voilà une raison de plus pour aller faire une excursion et admirer l’automne dans la vallée!

Tourné la page d’un chapitre de collaboration fructueuse entre soeur Hectorine Boudreau et le diocèse de Bathurst.

Celle qui fut responsable de plusieurs dossiers (catéchèse, éducation de la foi des adultes, pastorale d’ensemble, etc.) quitte la région pour accomplir un service dans sa communauté. Plus que les histoires de collaboration, ce sont les expériences d’amitié qui survivent aux départs.