Droits de l’enfant: le Canada fait piètre figure

Bonne Semaine nationale de la famille! Le Canada célèbre la Semaine nationale de la famille (la première semaine d’octobre) depuis plus de 30 ans. En effet, la première célébration a eu lieu en 1981. J’espérais que la Semaine de la famille de cette année serait porteuse de bonnes nouvelles.

Les 26 et 27 septembre, des représentants du gouvernement du Canada ont présenté le rapport du pays à des fonctionnaires des Nations Unies à Genève, en Suisse. L’exercice sert à déterminer si le Canada respecte ou non ses obligations en vertu de la «Convention relative aux droits de l’enfant». J’avais souhaité voir un engagement ferme envers des investissements responsables dans les enfants et le soutien aux familles canadiennes pour les aider à élever leurs enfants. Malheureusement, il n’en fut rien.

Depuis que le Canada a ratifié la «Convention relative aux droits de l’enfant», en 1991, il doit régulièrement rendre compte de ses progrès. Je n’étais pas surprise d’apprendre que les représentants de l’ONU étaient insatisfaits du rapport périodique du Canada. Une bonne partie des commentaires négatifs ressemblent à ceux formulés par l’ONU il y a 10 ans au sujet des obligations du Canada en vertu de la «Convention relative aux droits de l’enfant».

Marta Mauras Perez, la vice-présidente du Comité de l’ONU des droits des enfants, aurait déclaré: «L’analyse expliquant la façon dont les droits de l’enfant sont assurés au pays, à quel point ils sont assurés au pays et les progrès réalisés dans ce domaine fait défaut… Ce que nous vous disons, c’est que vous devez relever la barre et relever le défi, parce que le Canada est l’une des cinq plus grandes économies du monde». (traduction libre) Plus précisément, le système politique de responsabilité partagé entre les gouvernements fédéral et provinciaux fait en sorte que les besoins des enfants sont oubliés. Personne ne vérifie si les investissements réalisés dans les enfants produisent les résultats souhaités. Cette absence de coordination mène à la marginalisation et à l’augmentation des taux de pauvreté des enfants autochtones, immigrés et ayant un handicap. Le comité a aussi fait remarquer que la proportion des populations marginalisées dans les foyers d’accueil, le système de soins de santé et l’appareil judiciaire est nettement supérieure au reste de la population.

Ce qui m’a surprise, c’est la réaction du gouvernement aux commentaires des Nations Unies. Il n’a pas promis d’en faire davantage, de respecter son engagement envers les enfants et leurs familles. Non, il a plutôt défendu son bilan.

C’est malheureux que notre pays soit réprimandé par la communauté internationale et que nos représentants élus ne s’engagent pas à faire mieux.

Le Canada a failli innover en donnant suite à la recommandion de l’ONU concernant les investissements responsables dans les enfants. Souvenez-vous les ententes en matière de garde d’enfants négociées par le gouvernement fédéral et les 10 provinces qui auraient donné naissance à un système pancanadien de services de garde. Ce système était loin d’être parfait, mais il renfermait des mécanismes de responsabilité garantissant que le gouvernement investissait dans des programmes de garde accrédité accessibles partout au pays. Malheureusement, la toute première chose que le gouvernement Harper a faite à son arrivée au pouvoir en 2006 a été d’abolir ces ententes.

Je ne devrais pas vraiment m’en étonner, que le gouvernement Harper ne prend pas au sérieux les obligations issues du traité qu’il a envers les enfants et les familles du Canada. Vous vous souvenez sans doute que, récemment, le premier ministre Stephen Harper a lui-même été la cible de critiques pour ne pas avoir daigné assister ou prendre parole à l’Assemblée générale des Nations Unies même s’il était pourtant déjà à New York. Lorsqu’il a été interrogé en Chambre, Harper a répondu: «Que ce gouvernement adopte des positions indépendantes fortes et claires». Si je comprends bien la logique du premier ministre, cela veut dire prendre des décisions sans égard aux engagements internationaux dont le gouvernement du Canada est signataire.

M. Harper a aussi critiqué ouvertement les Nations Unies en décrivant ainsi la position de son gouvernement lors d’un congrès du Parti conservateur: «Le but n’est plus de s’entendre avec tout le monde et de souscrire aux visées de chacun. Ce n’est plus de plaire à tous les dictateurs ayant droit de vote aux Nations Unies».

À mon avis, lorsque le Canada s’engage envers la communauté internationale en ratifiant un traité et, surtout, lorsqu’il s’engage à agir comme il se doit envers les familles et les enfants canadiens, il incombe à nos représentants élus de respecter ces engagements. 

Les enfants canadiens n’ont-ils pas droit à un gouvernement qui cherche à améliorer leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et à la santé? C’est précisément la raison d’être de la «Convention relative aux droits de l’enfant». Elle fixe les modalités pour la protection et l’avancement de ces droits sur lesquelles les pays signataires s’entendent.

Comme l’a si bien dit Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies: «Il n’est pas de pacte plus sacré que celui que le monde a avec ses enfants. Il n’est pas de tâche plus noble que celle de garantir le respect de leurs droits, de protéger leur bien-être».