Radio-Canada face au CRTC

Aujourd’hui est la date limite pour se prononcer sur le renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada en envoyant un mémoire au CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes). Je suppose que la majorité des institutions acadiennes ont pris la peine de le faire pour appuyer la SRC, en tout cas, je l’espère!

Françoise Enguehard

Ce n’est pas que je suis satisfaite de Radio-Canada – j’ai été très critique à son endroit et je continue de l’être pour ce qui est du réseau national, et quelques fois du régional -, mais je sais aussi que sans elle, sans son mandat clair de servir le pays et sans le financement public pour le faire, les francophones vivant ailleurs qu’au centre du Canada ne pèseraient pas lourd aux yeux des chaînes privées.

Je ne suis pas certaine que le CRTC comprenne cette réalité. À force d’entendre les Péladeau de ce monde se plaindre que leurs belles entreprises souffrent de la concurrence déloyale d’une Société Radio-Canada qui bénéficie de fonds publics, je crains que certains de ses membres ne pensent qu’après tout, Star Académie reçoit plein d’Acadiens et donc que le privé sert les intérêts de la francophonie canadienne aussi bien que Radio-Canada.

D’autres en ont tout simplement assez de nous entendre «chialer», comme me l’a dit un jour un d’entre eux en pleine audience publique, ajoutant que tant qu’à faire on n’avait qu’à commencer notre propre chaîne de radio et télévision et arrêter de nous plaindre. Certains jours, je crains que le gouvernement canadien ne pense la même chose.

Or, Radio-Canada, malgré tous ses défauts, malgré sa fixation sur Montréal toujours, les régions québécoises souvent et le reste d’entre nous lorsqu’un orignal rentre dans une épicerie, qu’une tortue s’échoue ou qu’une grosse tempête secoue Terre-Neuve, Radio-Canada, donc, est indispensable à notre francophonie et, même, à la francophonie des Amériques.

Sans elle, ce ne sont pas seulement les ondes qui seraient silencieuses, ce sont nos communautés elles-mêmes qui perdraient leurs droits de parole. Appuyons donc Radio-Canada aujourd’hui, quitte, un peu plus tard, à la secouer pour qu’elle nous serve mieux, ce que nous ne manquerons pas de faire.