Avant de plonger…

Presque affolés en septembre par tout ce qu’il y a à faire (les inscriptions aux activités, la mise en route des comités, les rentrées de tout acabit, etc.), on se retrouve en octobre avec un horaire encore chargé alors qu’on s’était promis que cette année ce serait différent.

Mais voilà! La générosité a pris le dessus. Il reste à assumer nos engagements.

Certains ont inscrit leurs enfants à la catéchèse. D’autres ont accepté d’être catéchètes.

Avant de plonger dans l’année catéchétique, alors qu’on a touché la température de l’eau avec le bout des orteils, je voudrais présenter quelques joueurs de l’équipe.

J’ai écrit récemment que toute la communauté est responsable de la catéchèse. On ne peut pas rendre quelques personnes (aussi dévouées soient-elles) les uniques responsables d’un tel projet. Malgré tout, dans l’équipe, il y en a qui jouent à l’avant.

Les catéchètes: des ambassadeurs

Être catéchète, c’est répondre à un appel. La majorité des catéchètes ne sont pas des personnes qui se présentent un bon matin au presbytère pour offrir leur service. Ces personnes sont souvent interpelées par d’autres personnes. Elles sont appelées. Il y a là le mystère de l’appel: c’est Dieu lui-même qui choisit et appelle à travers l’autre.

C’est un privilège et une responsabilité d’être catéchète; personne ne peut s’arroger ce droit. Être catéchète, c’est aussi recevoir une mission de la part du Christ et de l’Église.

De nos jours, quand on parle de mission, on parle d’une réalisation qui peut nous permettre de dire à la fin «Mission accomplie!» Dans la culture biblique, la mission est avant tout une affaire de confiance entre Celui qui envoie et celui qui est envoyé. La mission est une question de relation avant d’être une question de choses à faire ou à dire.

Ainsi, le catéchète est en relation avec Celui qui lui confie une mission. C’est à cette condition que son ministère sera fécond. Parler et agir au nom d’un autre est plus facile lorsque nous sommes en communication avec lui, ce qui permet de le connaître intimement.

Comment être signe de Jésus pour les autres, sinon qu’en acceptant de se remettre soi-même chaque jour entre les mains de Dieu afin que la volonté de Dieu devienne peu à peu la nôtre? La mission exige une union intime avec le Christ. Il y a un gage de réussite de la catéchèse lorsque nous sommes en union intime et complète avec Dieu. C’est alors que la mission catéchétique peut porter des fruits.

Les maîtres de l’éveil religieux

La catéchèse commence et se poursuit à la maison lorsqu’il est possible de parler de Jésus et de Lui parler dans la prière. Elle se poursuit lorsqu’on s’aide mutuellement pour apprendre certaines prières et comprendre ce que cela veut dire que de suivre le Christ sur son chemin. Les parents, et la fratrie avec eux, deviennent maîtres de l’éveil religieux.

Une autre façon de vivre la catéchèse à la maison, c’est de prêter attention aux activités quotidiennes de chacun et du temps passé ensemble. C’est se donner des moyens pour vivre dans l’esprit de l’Évangile: la joie, la paix, la simplicité de vie.

La catéchèse à la maison, c’est aussi avoir des signes de notre affiliation religieuse: des livres de prières, des temps de silence, des jours de fêtes, etc. C’est faire du dimanche un jour pas comme les autres: un jour de repos, de joie et de rencontres.

La catéchèse à la maison, c’est aussi le soutien mutuel pour rendre un service lors de la liturgie (ex.: inscrire notre enfant comme servant d’autel, porter les offrandes, accueillir les gens, etc.) ou s’engager bénévolement dans une activité de la paroisse.

Un moyen simple de vivre la catéchèse à la maison, c’est de veiller à la qualité des repas.

Autour de la table, tant de valeurs chrétiennes se vivent: le partage, la solidarité, la proximité, etc. C’est un moyen à la portée de tous, mais de moins en moins privilégié.

Peut-être que l’Action de grâce pourrait permettre de s’attabler ensemble… pour notre plus grande joie.

Quelques événements de la semaine:

Préparé le repas de l’Action de grâce. C’est un défi grandissant de réunir toute une famille autour d’une même table… c’est une parabole de nos difficultés d’être proches les uns des autres physiquement à l’heure de la communication virtuelle. Mais un SMS ne peut remplacer une poignée de main.

Imprimé le cantique du frère Soleil pour la fête de l’Action de grâce. Pour saint François, la création est une famille qui nous rapproche de Dieu: frère Soleil, mère Terre, sœur eau sont autant de réalités qui parlent de Dieu et qui nous le montrent.

Comparé les catéchètes à des ambassadeurs. Jamais les représentants diplomatiques ne sont là pour eux-mêmes. Le meilleur représentant diplomatique, c’est celui qui met de côté ses intérêts personnels et ses opinions pour parler et agir au nom d’un autre. Saint- Paul dit: «Nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel»
(2 Co 5, 20).

Aimé l’image d’un théologien contemporain qui dit qu’on avance dans la foi comme le nageur de la brasse. Le nageur doit constamment déplacer l’eau devant pour filer sous l’eau: ainsi, on doit constamment mettre de côté des images irréalistes de Dieu pour avancer et s’approcher du but.