Est-ce possible de survivre à l’infidélité?

Peut-on survivre à une situation qui paraît inacceptable conjugalement et socialement? Dans la majorité des cas, l’infidélité est une tempête laissant derrière elle des dégâts. Le lien de confiance se brise, peu importe la décision conjugale de demeurer ensemble ou de se séparer. La confiance en soi, en l’autre et en d’autres personnes est à reconstruire. La personne trompée se sent trahie, dupée et humiliée. Elle éprouve des sentiments contradictoires entre l’amour et la haine, la colère qui lui brûle les entrailles, la tristesse et la culpabilité. Parfois, l’envie immense de se venger en faisant la même chose, en punissant l’infidèle par une rupture, en le privant de voir ses enfants, en coupant les vivres économiques, etc. La rupture est vue comme un moyen efficace de faire justice au couple, c’est socialement très encouragé. Est-ce toujours la meilleure solution?

L’infidélité n’est pas synonyme de séparation ou de divorce, mais dans de nombreux cas la pilule est difficile à avaler. Il y a des grimaces et des grincements de dents. Expérience traumatisante pour les uns et transitoire pour les autres, il n’y a pas deux situations semblables.

La confiance absolue

Trop de couples naviguent ou veulent naviguer sur une confiance absolue en leur partenaire. Avoir confiance en son partenaire est nécessaire, mais un minimum de doute vous met en état d’alerte. Ne jamais dormir sur vos acquis sous prétexte que vous vous êtes promis d’être fidèles pour toujours. Pendant que vous dormez, d’autres veillent au grain. Restez vigilant à votre couple – amour, sexe, valorisation, respect, créativité – et à votre apparence. Ils sont des éléments clés d’une bonne santé conjugale. C’est souvent à la suite d’une infidélité que le doute s’installe. On doute de l’amour du partenaire, de sa sincérité, de ses intérêts à demeurer en couple pour celui ou celle qui tient à son couple; mais reste-t-il par amour, par obligation, pour les enfants, pour conserver le statut social?

Le pardon

Vient du latin per-donar; tenir complètement, quitte d’une dette morale. Le pardon est plus difficile quand il s’agit d’un couple monogame fermé, construit sur l’exclusivité amoureuse et sexuelle dont la valeur est la fidélité. La blessure est d’autant plus grande, car la personne se sent rejetée et blessée dans son amour-propre. Le pardon n’est pas une obligation. Il y a des actes qui sont, pour certaines personnes, impardonnables, dont l’infidélité, parce qu’ils ne correspondent pas à leurs valeurs et à leurs croyances. Dans certains cas, la souffrance vécue est telle qu’aucun mot ni aucun geste ne peuvent réconcilier le couple; il y aura toujours une dette en souffrance. Si le couple n’arrive pas à transgresser l’infidélité, la séparation devient imminente. Par contre, s’il y arrive, le couple peut repartir sur de nouvelles bases et s’unir à nouveau. L’infidélité devient une transition conjugale, un moment de faire une mise à jour; elle devient aussi le moment de télécharger de nouvelles règles, de nouvelles données. Au final, les personnes trompées comme les infidèles peuvent se poser la question suivante: «Est-ce que l’infidélité m’aura appris quelque chose sur moi, sur mon partenaire, sur la vie?» Dans l’instant, lorsque la blessure est trop récente, la réponse est non, mais avec le temps, la réponse sera oui. Il n’y a pas d’expérience de vie inutile.

Consulter une professionnelle ou un professionnel

Consulter est une des meilleures façons de comprendre les problèmes à l’origine de l’infidélité. Identifiez les vraies causes, les manques ou les excès? Manque d’amour, de sexe, de valorisation, ou excès d’alcool, de poids. Travaillez sur soi et sur son couple pour résoudre les difficultés sous-jacentes qui ont mené à l’infidélité. Restaurer la confiance, sans tomber dans la méfiance extrême. Survivre à l’infidélité est un défi de taille, mais qu’il vaut la peine d’essayer, car les relations parallèles ne sont parfois que des mirages.

Pour une consultation, vous pouvez me joindre par courriel. Merci pour votre fidélité hebdomadaire.

Anne Richard
Sexologue