Attendu en Chambre

Vendredi, dans son éditorial, mon collègue François Gravel invitait Brian Gallant à ne pas trop tarder à se faire élire député.

Je veux ici apporter de l’eau au moulin, car je suis du même avis.

S’il est vrai que les délais sont trop courts pour permettre à M. Gallant de se faire élire avant la reprise des travaux et la lecture du discours du Trône, le 27 novembre, mars 2013 devient une échéance incontournable.

Parce que c’est en mars que le ministre des Finances, Blaine Higgs, déposera son troisième budget.

Le devoir revient au nouveau chef libéral Brian Gallant de livrer lui-même en Chambre la réponse de l’opposition qui vient après la lecture du budget.

Affirmer qu’il y a en ce moment 55 députés élus démocratiquement et qu’en plus la configuration de la carte électorale sera différente en 2014, pour se soustraire à l’épreuve des débats en Chambre, ne sont pas des arguments valables dans les circonstances.

L’autre excuse à laquelle je m’attends est celle de l’élection en plein hiver.

Si le baptême de feu de M. Gallant doit se faire dans le froid, ainsi soit-il.

Le Canada a connu une élection hivernale après la défaite du gouvernement minoritaire de Joe Clark en 1979.

Alors où est le problème? Surtout pour une élection complémentaire.

Rappelons que lorsque le siège de la circonscription de Rothesay est devenu vacant, les libéraux ont été les premiers à dire que le chef du NPD, Dominic Cardy, devrait tenter de s’y faire élire.

Ils ont ainsi confirmé qu’à leur avis la place d’un chef est bel et bien en Chambre.

De plus, M. Gallant aura le luxe de ne pas avoir d’adversaire conservateur, une faveur dont M. Cardy n’a pas bénéficié.

La prudence de Brian Gallant est peut-être liée au risque d’une courte victoire, voire d’une défaite aux mains du NPD.

Cela aurait un effet démoralisant, même dévastateur, sur les troupes libérales.

C’est peut-être ce que craint le plus le jeune chef libéral.

À lui de le dire clairement.