Présidentielles américaines : mentir sera-t-il payant?

 Pendant que le président Barack Obama occupait son temps la semaine dernière à coordonner l’effort d’aide aux régions sinistrées du nord-est des États-Unis, le candidat républicain Mitt Romney s’activait en Ohio, un des états qu’il doit absolument gagner s’il veut accéder à la Maison Blanche.

Devant une foule de partisans, Mitt Romney a accusé Barack Obama d’avoir mis GM en faillite et d’avoir vendu Chrysler aux Italiens qui voudraient, selon Romney, déménager la fabrication des modèles Jeep en Chine. Les prétentions du candidat Romney ont été reprises dans une annonce publicitaire diffusée dans les médias de l’Ohio. Même après que le PDG de Chrysler ait formellement démenti les affirmations du candidat Romney, l’annonce a continué à tourner dans les médias de l’Ohio.
Il est toujours surprenant de voir mentir une personne qui se dit très religieuse (Romney a été évêque au sein de l’église mormone) pour arriver à ses fins. En Ohio, le sujet prédominant de la campagne électorale se joue sur le plan économique, la création d’emplois. Depuis son entrée dans la course présidentielle, Romney veut convaincre les Américains qu’il est le mieux placé pour remettre les États-Unis sur la voie de la prospérité.
S’il est vrai que le constructeur automobile italien, Fiat, est un actionnaire important de Chrysler, il est faux d’affirmer qu’Obama a vendu Chrysler aux Italiens : Fiat était déjà actionnaire chez Chrysler, avant la restructuration de 2008. Lors de celle-ci, Chrysler avait besoin d’une mise de fonds importante, en plus de l’aide du gouvernement américain. Fiat a alors augmenté sa participation dans Chrysler. Quant à General Motors, la direction a, quant à elle, défendu le président Obama pour sa décision de secourir le fabricant avec les fonds publics.
Mise à part sa promesse de créer vingt-deux millions d’emplois s’il devient président des États-Unis, Mitt Romney n’a pas livré de programme électoral précis. Il parle de créer un climat propice au développement économique, mais il partage très peu de détails sur les moyens qu’il mettra en œuvre pour réaliser ses objectifs.
Sur les questions sociales, notamment sur l’avortement et les soins de santé, les positions de Romeny sont une cible en mouvement : quand il était gouverneur du Massachussetts, il était pro-choix, comme candidat présidentiel républicain il est pro-vie. Comme gouverneur du Massachussetts, l’une de ses réalisations les plus importantes a été de réformer le programme d’assurance-maladie de l’état. Bien que cette réforme était presqu’identique à celle que le président Obama a fait adopter pour l’ensemble du pays, Romney a renoncé à admettre que la réforme du système d’assurance-maladie mise en œuvre par le président Obama finit par coûter moins cher que le système en vigueur avant la réforme.

Toute sa vie, Romney a poursuivi l’objectif de réussir où son père avait échoué : devenir président des États-Unis. Il semble que de mentir pour arriver à ses fins est, à ses yeux, justifié. Mais combien d’Américains le croiront, c’est ce que nous verrons mardi soir.