L’éducation à la sexualité fait-elle encore peur?

Ce qui fait peur
Les gens croient à tort que l’éducation sexuelle est un incitatif à faire vivre précocement une sexualité, à vivre des expériences «hors normes» alors qu’elle provoque le contraire. L’enfant prend conscience en fonction de son développement des différents aspects de la sexualité, de la sienne et de celles des autres; ce qui lui donne plus de pouvoir sur sa vie intime. Un enfant ne se laisse pas influencer par ses pairs, ou par des idées fausses de la sexualité. La sexualité n’est pas source d’angoisse et d’insécurité; il a des repères pour passer à travers les différentes expériences qu’il fera au cours de sa vie. À travers des repères sains à la sexualité, l’enfant développe son estime de lui-même, se respecte et respecte les autres. Un non n’est pas un oui. Quand une fille dit «non», ce n’est pas «noui»! À quel moment est-elle prête à dire oui pour un rapport sexuel? Ce n’est pas quand les autres le font, c’est quand ELLE seule se sent prête à franchir cette étape importante de son développement sexuel. Il en va de même pour les garçons.

Pourquoi faire de l’éducation à la sexualité?
Pour ceux qui ignorent ma formation, je suis formée en éducation de l’université Laval, en sexologie de l’Université du Québec à Montréal et détentrice d’une maîtrise en service social de l’Université de Montréal (counselling). Je suis aussi mère de trois enfants, âgés de 24, 20 et 18 ans, deux filles et un garçon. Je suis en couple depuis 33 ans et mariée depuis 27 ans. J’ai aidé de nombreuses personnes à cheminer vers un mieux-être sexuel et ma passion pour la sexualité humaine m’anime tous les jours de ma vie. Nos passions naissent dans l’enfance et c’est à 14 ans que j’ai réalisé ma première recherche sur l’amour et l’amitié. Ma fille âgée de 24 ans a entrepris sa maîtrise en sexologie à l’Université du Québec à Montréal – une passion de mère en fille. Elle est infirmière en psychiatrie à l’Hôpital Sainte-Justine auprès des adolescents et adolescentes.

Je comprends que parfois mes chroniques puissent choquer, déranger les lecteurs et lectrices du journal, bousculer vos croyances et vos valeurs, j’en suis consciente. Vous vous dites quelques fois «mais qu’est-ce qu’elle raconte?», elle exagère, elle va trop loin! Mon rôle est de mettre en lumière les réalités reliées à la sexualité, de parler des bons côtés comme des côtés un peu plus sombres. Ce rôle est aussi de mettre des mots sur ce que vivent des minorités, comme des majorités de gens – de donner des repères – des pistes de compréhension de certaines difficultés sexuelles – d’orientation sexuelle – de paraphilies – de parler des plaisirs sexuels (seuls, en couple, en groupe) – des valeurs et croyances (éducatives, culturelles, sociales) – faire de la prévention sexuelle – de parler de la mécanique sexuelle, à ce titre je dois nécessairement utiliser les mots associés qui peuvent vous sembler crus. Tous les mots utilisés dans mes chroniques sont dans le dictionnaire.

Mon approche est systémique. Je tiens compte à la fois de la personne qui manifeste une difficulté et de tous les systèmes qui interagissent avec cette personne: famille, culture, éducation, travail, etc. Nous sommes des systèmes intervenants les uns avec les autres, nous nous interinfluençons. L’approche systémique considère que nous portons les empreintes éducatives familiales tout au long de notre vie. Qu’on y adhère ou qu’on y résiste, ces empreintes font partie de notre bagage génétique, des valeurs éducatives, des émotions et des comportements acquis dans la famille, se propageant d’une génération à l’autre. «Bateson ne s’est pas demandé pourquoi cette personne-ci se comporte de manière folle. Il s’est demandé dans quel système humain, dans quel contexte humain ce comportement peut faire du sens». (2) Croyez-vous que l’absence d’éducation sexuelle peut avoir des conséquences? Si oui, lesquelles? Ou est-ce préférable de s’abstenir d’éducation à la sexualité, car les gens en savent déjà tellement?

Merci pour vos commentaires très appréciés. Pour une consultation, vous pouvez me joindre par courriel; je peux faire des entrevues sur Skype pour faciliter les rencontres.

1-http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-courseducsex-fr.htm
2-Elkaïm, 1995, p. 161 http://www.psychologue.levillage.org/sme1020/10.html