Il va falloir s’y mettre

Je n’aime pas penser, comme le veut l’adage, que nous avons les gouvernements que nous méritons, mais c’est peut-être bel et bien le cas. Comment les citoyens peuvent-ils s’attendre à un gouvernement intelligent quand eux-mêmes agissent de façon irréfléchie?

On se plaint d’un système de santé à deux vitesses. Combien d’entre nous optent pour payer des services «sous la table», c’est-à-dire en argent sonnant, esquivant le 15 % de TPS, parce que le fournisseur n’émettra pas de reçu et se cachera ainsi du fisc? Ce n’est pas un système à deux vitesses ça aussi?

À l’un de ces entrepreneurs offrant l’une et l’autre méthode de paiement, j’ai demandé s’il n’avait pas de scrupules à agir de la sorte. Sa réponse était fin prête: «Non. Dans le scandale des commandites, en avaient-ils, eux, des scrupules? Non. Alors, pourquoi moi j’en aurais?» À ce compte-là, nous ne sommes pas à la veille de sortir de notre trou, comme dirait l’autre.

Un autre de ces renseignements lancés sur le tas qui font réfléchir: la dette de la Californie, 15 milliards $; la dette du Nouveau-Brunswick, 10 milliards. Lorsqu’on se compare, on se console, dit-on, mais dans ce cas, on se désole.

Je n’aime pas les dettes, je les évite le plus possible. Elles empiètent sur ma liberté d’être et d’agir, elles assiègent mon esprit de calculs répétitifs et improductifs. Je ne voudrais pas être la province du Nouveau-Brunswick, par exemple. Mais, trop tard! J’en suis, et un jour j’aurai à en payer le prix.

Volontaire ou involontaire, la simplicité devra être mise au goût du jour. C’est déjà commencé en France. Là-bas, on redécouvre que les meilleures choses de la vie ne coûtent pas cher et, à la télé, des émissions de cuisine valorisent les bons aliments peu dispendieux. Une brochette de courgette, patate et tofu, ça vous tente? C’est peut-être nourrissant, mais on ne peut pas dire que ça excite la vue ni que ça fasse saliver. Sortons les épices, anticancer de préférence. D’une pierre deux coups, ça, j’aime!