LNH : L’entêtement de Bettman coûte cher

 Au début octobre, certaines estimations établissaient la perte de revenus de la Ligue nationale de hockey à 100 millions de dollars, et cela, seulement pour l’annulation des matchs de l’avant-saison.

La semaine dernière, le fabricant de bière Molson-Coors avançait que le lockout décrété par la ligue allait sérieusement affecter ses revenus du quatrième trimestre, comparativement à ceux de l’an dernier. Bien sûr, Molson-Coors n’est pas à la veille de fermer ses portes dû à cette perte de revenus : au deuxième trimestre de 2012, la société Molson-Coors a enregistré des revenus de 197 millions de dollars. Bien que Molson-Coors reste une société commerciale en bonne santé financière, malgré la grève, le PDG de Molson-Coors, Peter Swinburn, a évoqué la semaine dernière la possibilité de demander à la ligue de rembourser le fabricant de bière pour la perte de revenus encourus par le lockout.

Il n’y a pas que les fabricants de bière, parmi les partenaires de la LNH, à qui le lockout fait mal. Les réseaux de télévision et les annonceurs sur ces réseaux ne savent plus sur quel pied danser. À la fin septembre, les directions de CBC et de TSN rappelaient qu’au Canada aucune autre programmation sportive ne pouvait remplacer l’auditoire qu’attire le hockey professionnel.

Si au Canada les dirigeants des réseaux de télévision qui diffusent les matchs de hockey ne sont pas inquiets quant au retour des cotes d’écoute une fois le conflit de travail réglé, aux États-Unis le défi risque d’être plus difficile à relever. Traditionnellement aux États-Unis, le public est plus attiré par la Ligue nationale de basketball que le hockey. Mais au cours des dernières années, la LNH avait réussi à mousser la popularité du hockey aux États-Unis, notamment en obtenant une contrat important de télédiffusion avec le réseau NBC, tout en progressant avec des réseaux comme ESPN et d’autres chaines spécialisées dans le sport.

C’est la quatrième fois, sous l’égide de Gary Bettman, que la négociation d’une entente avec les joueurs est à ce point litigieuse, allant jusqu’à l’annulation d’une saison complète en 2004-2005.

D’entrée de jeu, Bettman a brandi la menace d’un lockout, avant même que les premières rondes de négociation aient été entamées. Comme la grève, le lockout est un mécanisme parfaitement légal, ce qui, aux yeux de Bettman, constitue une raison suffisante pour l’utiliser. Ce faisant, cependant, il a créé un climat de confrontation, climat, comme on le constate maintenant, qui coute cher, non seulement aux joueurs, mais aussi à ses patrons, les propriétaires des clubs de hockey.

En bout de ligne, Gary Bettman se met tout le monde à dos : plusieurs de ses patrons s’impatientent et déplorent la perte très importante de revenus, les joueurs ne croient plus à sa bonne foi (en a-t-il déjà fait preuve?), les réseaux de télévision, les annonceurs et les amateurs.