Balade à Saint-Paul-de-Kent

Nous nous promettions cette promenade depuis le printemps dernier, mais, entre les occupations des unes et des autres, ce n’est que vers la mi-octobre qu’elle put enfin se réaliser. Ma tante, ma cousine, ma mère et moi, en route vers le village de mes grands-parents maternels, Albéni et Lina (née Cormier) Belliveau.

Le soleil radieux fait éclater le coloris du feuillage. Chemin faisant, tout en défrichant la parenté remontant à un siècle et demi passé, deux souvenirs surgissent: la fameuse butte à Jack et la cueillette de la faine.

Lorsque mon grand-père eut enfin économisé suffisamment pour acheter une automobile, les excursions à Saint-Paul devinrent une sortie familiale prisée des enfants, tous nés à Moncton. Seul problème: la butte à Jack. Comme mon grand-père craignait que les roues de la Ford s’enlisent en montant cette colline dont le chemin était en terre, il obligeait les enfants à débarquer et à gravir la butte à pied. J’imagine que ça devait rechigner un peu. Quant à la faine, fruit du hêtre, l’important était d’y arriver avant les écureuils. Je me demande si quelqu’un cueille de la faine de nos jours. Sait-on même reconnaître un hêtre?

Nous croisons le chemin (encore en terre) du village des Cormier, où a grandi ma grand-mère, puis filons jusqu’à Saint-Paul: la ferme avicole Cormier fait belle impression, et son affiche tout autant, qui précise que l’entreprise appartient à la même famille depuis trois générations.

L’église blanche aux «décorures» vert clair se tient haute et fière. Parsemées ici et là, quelques maisons patrimoniales, toutes construites selon le même modèle.

Je me prends à vouloir qu’elles soient toutes aussi belles et fraîchement mises que celle, un peu éloignée de la route, une grande maison de ferme blanche au toit et aux volets vert foncé.

Nous ne faisons que passer et, en quittant le village, je sais déjà qu’il me faudra revenir, pour marcher dans le cimetière, pour photographier les maisons anciennes. Et l’enseigne de la ferme avicole Cormier, n’était-elle pas jolie, et en français seulement? Ah, comme un baume sur la plaie du bilinguisme…