Des zombies inquiétants

À première vue, rien ne semble unir ces «éléments» disparates. Pourtant, ils ont tous une chose en commun: le très attendu film de science-fiction World War Z, qui sera lancé sur grand écran le 21 juin.

Tourné au coût de 125 millions $ – un record pour un film de morts-vivants -, World War Z est l’adaptation d’un livre de Max Brooks publié en septembre 2006. Il raconte, du point de vue de dizaines d’individus, ce qu’est devenue la Terre 10 ans après qu’une maladie a transformé la très grande majorité de ses habitants en zombies.

Favorablement accueilli par la critique, notamment pour son traitement «neuf et original» des histoires de zombie, World War Z a été vendu à plus de 600 000 exemplaires sur la planète.

Les droits d’adaptation au cinéma du livre ont ensuite fait l’objet d’une enchère, un groupe mené par Brad Pitt ayant, au final, le dessus sur la maison de production de Leonardo Di Caprio.

Peu de temps après, le réalisateur Marc Foster a été embauché. L’Allemand Foster connaît jusqu’ici une carrière en dents de scie ponctuée de haut (Monster’s Balls, Finding Neverland, The Kite Runner) et de bas (Quantum of Solace, Machine Gun Preacher et Stay).

Foster souhaitait tourner un film «conspiration» à la All the President’s Men (1976). Les producteurs ont plutôt opté pour une oeuvre haletante à la Bourne (2002). Le magazine Ain’t It Cool News, qui a lu le scénario, parle plutôt d’un film à la portée morale comme Children of Men (2006). Personnellement, la bande-annonce – lancée la semaine dernière – m’a rappelé l’excellent 28 Days Later (2002).

Ce qui semblait être un énième film de science-fiction sur le thème des zombies s’est rapidement transformé en blockbuster quand, en 2010, Foster a confirmé que Brad Pitt tiendrait le rôle principal.

La réputation de Pitt – quatre fois mis en nomination aux oscars – n’est plus à faire. Le beau blond est reconnu pour ses talents de comédien, mais aussi pour avoir un pif d’enfer pour sélectionner les projets auxquels il s’associe. Posez-vous la question: à quand remonte le dernier mauvais film mettant en vedette Brad Pitt? (Deux morceaux de robot si vous avez répondu Troy, en 2004.)

À l’origine, le film devait être lancé en salle en décembre 2012, juste à temps pour la saison des «grands films». Les producteurs, Pitt en tête, ont toutefois choisi de repousser le lancement afin de complètement modifier le troisième tiers du film.

Damon Lindelof et Drew Goddard, deux des scénaristes de la série télévisée Lost, ont donc été embauchés pour réécrire la conclusion. Deux mois de tournage à Budapest ont été nécessaires pour mettre sur pellicule la vision de Lindelof et Goddard.

Ce retour à la table à dessin inquiète cependant plusieurs observateurs, tout comme l’inexpérience de Marc Foster et la quasi non-participation de Pitt au processus de préproduction – il était occupé à tourner Killing Them Softly.

Sans compter que la bande-annonce est loin d’avoir fait l’unanimité.

Plusieurs reprochent en effet à Pitt et à sa bande de travestir ce qui était une oeuvre brillante afin de la rendre plus commerciale. Alors que le livre était plutôt axé sur les survivants à l’apocalypse et leurs défis, le film semble plutôt centré sur le personnage de Pitt, simple observateur dans le bouquin, devenu l’homme qui peut sauver le monde dans le film.

À cela s’ajoute la voix de ceux qui estiment que le film ne sera, en fait, qu’une pâle copie de l’acclamée série télévisée The Walking Dead. «Ce qui était original en 2006 (au moment de la publication du livre World War Z) ne l’est tout simplement plus aujourd’hui», a écrit un blogueur.

Ces craintes sont-elles justifiées? La réponse dans huit mois.