L’absence d’éducation sexuelle a-t-elle des conséquences?

Je ne parlerai pas de norme sexuelle, car il est de moins en moins politiquement correct de dire ce qui est «norme/normal» ou «anorme/anormale». Actuellement, la société est en manque de repères de «normes sexuelles». Certaines paraphilies se sont immiscées dans la chambre à coucher avec la pornographie «dure» que l’on retrouve sur beaucoup de sites Internet. Elles sont pratiquées semble-t-il avec des «adultes» «consentants». Les adultes sont-ils vraiment toujours consentants?

Avant les années soixante, la sexualité était un sujet tabou, il y avait absence d’éducation sexuelle. Il était difficile d’avoir des réponses au questionnement sexuel pour les jeunes et les moins jeunes. Le modèle de sexualité proposé était le couple hétérosexuel et du reste tout semblait sortir des cadres dits «normaux». Aujourd’hui, les enfants, les jeunes et les adultes sont confrontés à une société de plus en plus dépourvue de normes, de cadres fortement influencés par un commerce libéral d’une pornographie trop accessible ou de publicités hyperérotisantes qui désinforment sexuellement celui ou celle qui n’a pas reçu d’informations précises sur la sexualité et capable de poser un REGARD CRITIQUE. Cette désinformation met en danger les jeunes qui y trouvent des «normes» qui sont des normes pornographiques et non le reflet d’une sexualité épanouissante. Quand ils voient par exemple sur un site pornographique un viol collectif et que la fille éprouve «un plaisir suprême», ils doivent savoir que c’est totalement faux, mais le savent-ils? Qui peut recadrer les images, les films et les faussetés véhiculés sur Internet? Connaissent-ils les conséquences de transposer les scènes pornographiques «dures» en réalité? Savent-ils que cela peut avoir des conséquences graves? Cette pornographie «dure» pose le problème des croyances sexuelles. La pornographie légère ne pose pas de conséquences si elle est utilisée par des adultes «consentants» qui n’en font pas une dépendance.

La sexualité non protégée un fléau!
Un fléau par la transmission d’infections transmissibles sexuellement (ITS) et de grossesses non désirées. Certaines ITS ont des incidences majeures sur la santé. METTEZ LE CONDOM! Informez les jeunes et les moins jeunes de l’importance de le porter, il peut vous sauver la vie!

Une grossesse non désirée, c’est devoir choisir entre la vie et l’interruption de grossesse. Choix déchirant et jamais sans conséquence. Dans un cas comme dans l’autre, des risques liés à la santé physique et psychologique sont réels.

Les risques sont accrus si l’interruption n’est pas faite en milieu médical – compte tenu du nombre de semaines de grossesse -, du nombre d’interruptions subies. L’interruption est une pratique légale au Canada, mais les femmes doivent parfois surmonter tellement d’obstacles que ceux-ci n’ont pas toujours lieu en milieu médical ou sécuritaire. «Aux Pays-Bas, qui a l’un des taux les plus bas d’Europe, quatre naissances chez les adolescentes pour 1000; l’éducation sexuelle commence dès l’école primaire.»

Doit-on interdire l’accès à la pornographie sur le Net?
Certains parents bloquent cet accès, mais si vous tapez sur Google le mot SEXE, c’est un déferlement de pages qui vont apparaître. J’ai connu un jeune âgé de 9 ans dont le père avait bloqué l’accès de son ordinateur. Le petit futé a contourné le système; de sorte que cet enfant s’est fait un plaisir d’éduquer ses amis à la pornographie. L’interdit suscite souvent plus de désir, c’est bien connu. Le mieux est plutôt d’informer l’enfant et du coup l’intérêt n’est plus aussi intéressant.

Code éthique sexuelle: école ou parents?
La question ne se devrait pas se poser de cette façon, je répondrais les deux. L’école et les parents, afin de trouver la juste collaboration en matière d’éducation à la sexualité. L’école publique est un lieu d’instruction et de savoir, un lieu d’apprentissage de toutes les matières qui feront de chaque enfant des citoyens scolarisés et autonomes qui contribueront à la vie sociale. L’école est aussi un milieu d’éducation pour amener les enfants à mieux s’adapter à la vie en société. C’est pourquoi nous parlons maintenant de «savoir» et de «savoir-être». Savoir quel comportement adopter dans telle ou telle situation.

Quand un enfant pose une question, c’est le moment de répondre. Êtes-vous à l’aise avec la question? Là est la question. Êtes-vous à l’aise avec votre sexualité? Êtes-vous à l’aise pour discuter de différents sujets, quand et comment? Certains disent, c’est l’affaire des parents, mais les parents le font-ils?

Merci pour vos commentaires inspirants. Si vous souhaitez une consultation, contactez-moi par courriel.
Anne sexologue

w 1-http://www.who.int/bulletin/volumes/87/6/09-020609/fr/index.html