Stratégies recyclées?

L’économie et la création d’emplois seront la priorité du gouvernement dans les semaines et les mois à venir.

Le vice-premier ministre, ministre du Développement économique, Paul Robichaud, a été très clair à ce sujet lors de l’entrevue qu’il a accordée à l’Acadie Nouvelle la semaine dernière:
«Vous allez voir les grandes lignes dans le discours du Trône et vous allez voir les détails durant la session», a précisé M. Robichaud.
Mais allons-nous apprendre quoi que ce soit de nouveau? Jeudi dernier, le premier ministre Alward, en compagnie du ministre Robichaud, reprenait essentiellement des propos qu’il avait déjà énoncés concernant les secteurs que la province a ciblés pour en faire les moteurs de la croissance économique.

Les biosciences, la fabrication industrielle, l’aérospatiale et la défense, les aliments à valeur ajoutée, le bois à valeur ajoutée et les technologies de l’information et des communications sont les secteurs en question.

Le premier ministre les avait mention­nés dans son discours sur l’état de la province en janvier. Si le discours du Trône reprend les mêmes éléments, copiés et collés dans l’ordre habituel, avec une nouvelle mention du succès de Radian6 qui a été souligné ad nauseam par David Alward depuis son arrivée au pouvoir, on peut s’attendre à ce que plusieurs Néo-Brunswickois soient déçus.

L’embêtant, c’est que le gouvernement Alward n’a pas brillé par son originalité jusqu’à maintenant. Pire encore, il se vautre dans la complaisance d’une zone confortable aménagée dans une bulle de plus en plus étanche à la réalité.

L’exemple le plus récent de cette décon­nexion a été l’ajout de deux ministres au Cabinet alors que la plateforme du PC promettait qu’un gouvernement conservateur «assurera que le Cabinet provincial ne dépasse pas 15 ministres et le premier ministre».

M. Alward considère que cette promesse électorale a été remplie et qu’elle appartient au passé. Le problème, c’est qu’en ces temps économiquement difficiles pour le N.-B., les formules politiques du siècle dernier et la création d’emplois pour les amis du régime rendent les chômeurs de plus en plus cyniques vis-à-vis la classe politique.