Qui ne risque rien n’a rien

Est-ce avantageux pour les Néo-Brunswickois d’aller faire leurs achats de Noël aux États-Unis? Non mais, on s’attend à quoi de nos commerçants au juste? Qu’ils se contentent de nous vendre une cannette de soupe lorsque nous avons le rhume?

Pour bien faire, nous devrions même investir chez nous! Tiens, j’achète 500 actions de la compagnie Trevali Resources, qui se lance dans l’exploitation d’une mine d’or dans le coin de Bathurst. Cette société minière de la Colombie-Britannique vient d’acheter les installations de l’ancienne mine Caribou et se consacre à former des travailleurs de chez nous, dont un bon nombre sont membres des Premières Nations. Tout semble bien se dérouler, il faut encourager cela. À 1,06 $ l’action, cela équivaut à 530 $. À suivre.

Mon portefeuille boursier se lit comme un roman. J’achète par idéalisme, par romantisme, par symbolisme… absolument ce qu’il ne faut pas faire, vous diront les vrais financiers. Par exemple, il ne faudrait pas se laisser influencer par les trios de lettres aperçus sur les plaques d’immatriculation, ce ne sont pas des messages cachés que nous envoie l’ange de la Bourse, qu’ils disent. Mais les voies du Seigneur sont impénétrables, non?

Il faudrait aussi éviter d’acheter des actions simplement parce que le nom de votre personnage romanesque préféré figure dans le nom de l’entreprise. Tant pis, chacun son truc. Évidemment qu’il faut jeter un coup d’œil sur la situation financière de l’entreprise, mais à risque plus ou moins égal, pourquoi pas une entreprise qui fait travailler les gens de chez nous, ou une autre qui fait don de systèmes d’épuration d’eau en Haïti, ou une autre encore qui…

Les technologies de l’information ont grandement facilité l’investissement boursier pour des gens comme vous et moi. L’investissement responsable, cela existe aussi, et par-delà nos erreurs et nos fantasmagories, il s’agit également d’une manière «d’occuper Wall Street». Je n’aime pas entendre dire que les entreprises ne se préoccupent que de leurs actionnaires, comme si le statut d’actionnaire était le plus vil des états civils. Acheter chez nous, cela va de soi, investir chez nous, c’est aussi à nous de le faire.