Risques politiques

La troisième session de la 57e législature de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick est maintenant ouverte. On ne se rappelle pas la dernière fois qu’un leader du Parti libéral, qui forme l’opposition officielle, n’était pas sur le parquet de la Chambre.

C’est de la galerie du public que Brian Gallant a assisté à cet événement. À en croire ses propos, il ne semble pas pressé de se faire élire à une élection partielle d’ici les élections générales de 2014. Pourtant, le vice-premier ministre, Paul Robichaud, lui a offert de ne pas présenter de candidat progressiste-conservateur, si le nouveau chef du Parti libéral cherchait à se faire élire.

La stratégie de Brian Gallant est à l’opposé de celle de Bernard Lord lorsque celui-ci est devenu en 1998 le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur. Un parti, faut-il le rappeler, qui avait été décimé lors des élections de 1987 avec la victoire de 58 à 0 des troupes de Frank McKenna.

La longue traversée du désert des progressistes-conservateurs avait été marquée par une scission et la création du CoR. Ce parti devait faire élire, à la surprise générale, aux élections de 1991, huit députés pour former l’opposition officielle.

La tâche du jeune leader Bernard Lord, qui devait rebâtir son parti et ramener les brebis égarées au bercail, ne saurait être comparée aux défis que doit relever Brian Gallant. C’est pourquoi sa décision de ne pas essayer de se faire élire rapidement comme député est surprenante.

Bernard Lord a montré qu’il pouvait relancer son parti et sortir vainqueur du piège tendu par les libéraux lors de l’élection partielle de Moncton-Est – un château fort libéral détenu par Raymond Frenette pendant plus de deux décennies.

Fort de sa victoire, Bernard Lord a pu utiliser le plancher de l’Assemblée législative comme un tremplin pour ensuite conduire son parti en 1999 à la plus grande victoire électorale de son histoire.

Brian Gallant devrait tirer une leçon de cette page d’histoire politique. S’il veut démontrer qu’il est le leader qui saura mener les libéraux à la victoire, il devra prendre des risques politiques.