Éloge du livre

J’ai passé la semaine dernière en Nouvelle-Écosse, dans le cadre du Salon du livre de Halifax et du Festival des cultures. À l’occasion de ces deux activités, auteurs et illustrateurs se sont rendus dans les écoles de la province – écoles françaises de langue première et d’immersion – pour parler de leur art, de leurs ouvrages et encourager la lecture; je suis allée à Greenwood, Truro, Bridgewater et Halifax à la rencontre d’élèves d’âges divers. En tout, nous avons offert aux jeunes 90 animations scolaires! Un défi relevé haut la main par les organisateurs et par les bénévoles (qui nous ont fait sillonner la province) et qui montre bien le dynamisme de nos communautés et leur niveau d’engagement pour la langue française.

Durant le salon, l’auteur de littérature jeunesse François Gravel a fait remarquer que, selon lui, de 10 à 14 ans c’est l’âge d’or de la lecture, une observation très juste qui m’a fait réfléchir à ce qui peut bien se passer après quatorze ans pour que les jeunes perdent le goût du livre. Je dis «du livre» parce qu’il est clair que les jeunes continuent à lire beaucoup sur Internet.

Ce goût du livre, de cette porte ouverte sur l’imaginaire dont nous sommes, lecteurs, seuls architectes, ne m’a jamais quittée. Pourtant, j’ai vu mes enfants s’en désintéresser et Dieu sait qu’ils ont été exposés aux livres. Ils y reviendront peut-être, puisque, paradoxalement, les salons du livre se portent à merveille. Lorsque j’ai quitté Halifax, samedi dernier, en début d’après-midi, le salon affichait déjà plus de 2000 visiteurs et ce n’était pas fini. Les salons de Dieppe et de Shippagan ont fait, je crois, le même constat.

Si j’avais un souhait à formuler pour la jeunesse et pour nos communautés, c’est qu’on mette davantage en valeur «notre» littérature jeunesse. Dans les écoles, qu’elles soient françaises ou d’immersion, on voit beaucoup de livres traduits de l’américain – merci Scholastic! -, beaucoup de littérature québécoise, ce qui est déjà mieux, et bien peu de littérature acadienne, ce qui est franchement triste. Qu’on se le dise! Dans nos quatre provinces.