En Avent!

Dans les églises, on reconnaît facilement la nouveauté de la saison liturgique avec l’installation de la couronne de l’avent dans le chœur. De dimanche en dimanche, une bougie est allumée pour marquer la progression vers la fête. La préparation de Noël peut s’avérer aussi simple que cela: quatre chandelles à allumer, et le tour est joué!

Si l’avent se fait voir, il se fait aussi entendre. Il existe un air qui est inséparable du temps de l’avent: celui-ci du Venez Divin Messie. Ce cantique est l’un de nos préférés et il sera entonné dès demain matin à la messe dominicale. On le chantera dimanche prochain pour une deuxième fois. Ensuite une troisième fois. Enfin une quatrième fois… et voilà Noël! Pas si compliqué que cela, n’est-ce pas?

Venez Divin Messie

Les paroles de ce cantique sont d’une autre époque: la version originale date du XVIIe siècle. L’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663-1745) a mis des paroles sur un air traditionnel français de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704). Au lendemain du concile, deux prêtres ont repris le cantique et en ont fait une version moderne conforme à la théologie du Concile Vatican II.

Il n’en demeure pas moins qu’il reste dans le Venez Divin Messie des relents d’une spiritualité lointaine: le vouvoiement utilisé pour s’adresser à Dieu n’est plus courant aujourd’hui. Le message demeure évocateur de la saison. Certaines expressions résument le désir et le besoin impérieux de Le voir venir: «Ne tardez pas, donnez la joie à notre monde en désarroi… Que votre grâce dissipe en nous la nuit, la peur.»

Année après année, nous fredonnons le Venez Divin Messie ou nous le chantons à tue-tête. Il presse l’Autre de venir jusqu’à nous. En même temps, nous proclamons qu’Il est déjà venu et qu’Il vient chaque jour. Pourquoi alors nommer Dieu comme Celui-qui-vient alors qu’il est déjà venu? Peut-être est-ce ainsi que nous l’éprouvons.

Il vient chez nous. Alors que souvent, c’est nous qui ne sommes pas encore vraiment arrivés chez nous. Nous sommes souvent à l’extérieur de nous-mêmes: dans nos pensées, nos préoccupations, nos désirs de paraître et de posséder, etc. Nous ne sommes pas vraiment chez nous, en nous-mêmes.

Il y a parfois des amis ou des parents qui viennent nous visiter et qui repartent bredouilles. Nous étions absents. Nous étions là, physiquement là, mais hors de nous-mêmes. Ils sont venus pour nous rencontrer, et ce qu’ils ont trouvé, c’est une demeure inhabitée. Dans cette demeure, pas de feu auprès duquel ils auraient pu trouver un peu de chaleur et de lumière. Ils ont trouvé une maison vide. Une coquille.

L’avent, ce n’est pas la fuite dans un beau rêve éveillé. Au contraire! C’est l’éveil à ma réalité. C’est l’occasion de rentrer chez moi pour entendre l’Autre frapper à ma porte et le recevoir. Lorsqu’Il vient, Il demande l’hospitalité. Lorsqu’il est accueilli, Sa présence change vraiment quelque chose dans une vie.

Venez Divin Messie! Oui, venez pour moi! J’attends. Ça ne paraît pas toujours. Pourtant j’attends. J’attends d’être réconforté. J’attends quelqu’un à aimer. J’attends d’être moi-même.

Venez Divin Messie! Venez aussi pour l’Église. Elle étouffe. Elle a besoin d’oxygène. Elle croit pouvoir sauver le monde avec ses propres moyens, ses techniques d’évangélisation et ses ressources pastorales! Elle a parfois oublié que c’est par grâce que la nuit est dissipée de la peur.

Venez Divin Messie! Surtout pour le monde. On le dit en crise. Comme on le disait en désarroi autrefois. C’est pour ce monde que l’Église est là. Pour lui dire que tout a un sens, quoiqu’il advienne. L’Église n’est pas la lumière. Elle veille en tenant la lampe du Christ, lumen gentium, lumière des nations.

Cela allège les épaules (et le cœur!) de se dépouiller de ses prétentions. Cela pourrait nous servir d’exemple d’ici Noël: en se libérant du conformisme social de consommation et de course folle, décembre pourra nous redonner tout ce qu’il vient nous offrir… que nous ne pouvons pas toujours accueillir parce que nous ne sommes pas chez nous.

Quelques événements de la semaine:

Expliqué aux enfants que la couronne de Noël n’est pas qu’une belle décoration de Noël. C’est un symbole de Celui que nous nous préparons à accueillir: le Prince-de-la-Paix, le Roi de l’univers. Avec de tels titres, il est normal que la couronne le représente.

Voulu pousser un cri pour secouer la nuit du monde. Je n’aurais pas trouvé mieux que celui du prophète: «voici l’Époux qui vient. Sortez à sa rencontre».

Assisté à des concerts de Noël pour entrer dans l’esprit de la saison. Les cantiques de Noël et de l’avent font partie des traditions de cette saison de l’année. En sortant le bréviaire de l’avent, j’ai retrouvé un autre de mes hymnes préférés: «Venez Seigneur, la terre est prête pour vous accueillir.»

Lu l’introduction à l’évangile de Luc. Il respire la miséricorde et nous incite à la louange. À partir de demain et pour la prochaine année liturgique, cet évangéliste va être notre compagnon de route. En Avent!