Historique ou voeu pieux?

Le «Plan quinquennal pour la répartition équitable des services de santé», comme son nom l’indique, a été baptisé par un fonctionnaire provincial.

Le mot «rattrapage» y brille par son absence.

Outre le fait qu’il inscrive noir sur blanc la reconnaissance de la nécessité de l’égalité entre les soins de santé en français et en anglais dans la province, sa plus grande vertu est d’être économe.

Il tient, versions française et anglaise comprises intégralement, sur deux feuilles de papier.

Mais plus important encore, ce sont les neuf millions $ qu’il va nécessiter (certains diront engloutir) sur cinq ans qui devraient clouer le bec à ceux qui disent que ça coûte cher les services en français.

Le budget total de la santé cette année est d’un peu plus de 2,5 milliards $.

Il a fallu le recours aux tribunaux, deux gouvernements et plus de quatre ans et demi pour arriver à ce plan.

Le président d’Égalité santé en français, le Dr Hubert Dupuis, de guerre lasse, a qualifié d’«historique» le simple fait que le plan ait vu le jour.

Sur ce point il a raison. Et sur un autre aussi.

Où sont les services tertiaires au Réseau de santé Vitalité? Le Dr Dupuis me disait qu’il allait analyser le «plan» de plus près pour voir s’il y en a.

Mais avec neuf millions sur cinq ans, on ne se paie pas la médecine de haute voltige que représentent les services tertiaires en santé.

Ce plan est donc, avouons-le, plein de bonne volonté, mais il fait aussi office de vœu pieux avec son enveloppe de moins de deux millions $ par année.

Les francophones, le Dr Dupuis en tête, savent que le rattrapage qui fera du Réseau de santé Vitalité l’égal de sa contrepartie anglophone, le Réseau de santé Horizon, ne se réalisera pas du jour au lendemain.

Mais ce qui fait cruellement défaut au plan «pour la répartition équitable des services de santé», c’est une définition claire de ce que veut dire le mot équitable, de ce qui représente un réel rattrapage et une liste d’objectifs bien datés pour parvenir à l’équité.