La présence des femmes dans le programme politique du gouvernement

Enfin, un peu de bonnes nouvelles au sujet de la condition de la femme au Nouveau-Brunswick. Dans le discours du Trône du gouvernement du Nouveau-Brunswick de la semaine dernière, on a parlé des femmes, des filles et des politiques sexospécifiques. En voici quelques extraits: «Votre gouvernement poursuivra ses efforts visant l’édification d’une société égalitaire et inclusive, où femmes, hommes, filles et garçons peuvent se réaliser pleinement et ainsi contribuer à la croissance et à la prospérité de notre province. (…) Une société égalitaire et inclusive, c’est aussi une société en sûreté. La violence contre les femmes et les filles continue d’être un problème prioritaire pour votre gouvernement.»

Bravo au gouvernement Alward! L’inclusion d’analyses et de politiques sexospécifiques dans le discours du Trône, lequel donne le ton à la session de l’Assemblée législative, est une première à ma connaissance. Cela me donne espoir que l’autre grand document de politique du gouvernement, c’est-à-dire le budget, intégrera aussi des politiques et des analyses sexospécifiques, ainsi que les fonds nécessaires pour les financer.

Poursuivant le thème des bonnes nouvelles de la semaine dernière, la ministre responsable des Questions féminines a publié le communiqué suivant: «La ministre de la Justice et procureure générale, Marie-Claude Blais, qui est également ministre responsable des Questions féminines, rencontre des défenseurs et des groupes de défense des droits des femmes à la suite d’un engagement pris lors du sommet Voix des femmes du Nouveau-Brunswick, qui s’est tenu en 2011.

«Il est impossible d’aspirer à la démocratie, à l’égalité entre les sexes et à l’établissement de collectivités fortes sans tenir compte du point de vue des femmes», a affirmé Mme Blais.

Lors du sommet, il a été recommandé que le gouvernement poursuive son travail auprès des intervenants dans le but de cerner et d’élaborer des stratégies et des mécanismes qui veilleraient à ce que la voix des femmes du Nouveau-Brunswick continue à se faire entendre.»

Je me réjouis de voir que des efforts sont déployés dans ce dossier. Vous vous souvenez sans doute que le gouvernement provincial a aboli le Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick (CCCFNB) en mars 2011, une décision unilatérale prise sans consulter la population. La vive réaction du public qui a suivi montrait clairement qu’il s’agissait d’une mauvaise décision contraire à la volonté des citoyens.

Il est important de consulter les femmes et les organisations féminines avant de rétablir une voix indépendante afin de remplacer le CCCFNB. Cette démarche garantira que le nouvel organisme créé représente les Néo-Brunswickoises de façon efficace et possède tous les outils nécessaires pour faire son travail.

Au moment où le comité de la ministre Blais poursuit ses travaux, je me permets d’ajouter mon grain de sel. Un organisme représentant les intérêts des Néo-Brunswickoises fonctionnant de manière efficace et productive devrait comprendre les éléments suivants:

une voix forte et indépendante à financement public défendant les intérêts des femmes dans un contexte de sous-représentation des femmes au sein du gouvernement et dans une province où les femmes doivent encore lutter pour leurs droits et pour l’équité sociale et économique;

la capacité de faire de la recherche et de travailler en collaboration avec des institutions, des organismes communautaires, des groupes de défense de droits des femmes et des chercheuses compétentes afin de mener des recherches sexospécifiques pour guider l’élaboration de politiques et de programmes et pour voir à ce que le gouvernement ait une idée juste de la réalité et des obstacles vécus par les femmes dans la province;

un numéro sans frais permettant aux femmes d’obtenir de l’information sur les programmes et les services offerts à toutes les femmes dans la province;

un appui aux divers groupes de défense des droits des femmes et un partenariat avec ceux-ci.

La présence d’une voix impartiale pour les femmes du Nouveau-Brunswick est aussi importante aujourd’hui qu’elle l’était dans les années 1970 au moment de la création du CCCFNB. Comme on l’a souligné dans le discours du Trône 2012 du gouvernement du Nouveau-Brunswick, les femmes et les filles ont encore des obstacles à surmonter pour participer pleinement dans toutes les sphères de la société. Ainsi, il ne fait aucun doute qu’il existe un besoin soutenu pour un organisme indépendant et à financement public oeuvrant à aider les femmes et les groupes féminins à faire progresser leurs dossiers.

Espérons que le communiqué de la semaine dernière annonçant la consultation auprès des femmes et des organisations féminines ainsi que le discours du Trône du Nouveau-Brunswick ne soient que le début d’une série de bonnes nouvelles pour les Néo-Brunswickoises. Pour que cela arrive, il faut absolument que les orientations politiques proposées lors de la session de l’Assemblée législative soient utiles, fondées sur des données probantes et reçoivent les fonds suffisants. Ces éléments garantiront des initiatives stratégiques qui amélioreront la vie des femmes de notre province.

Une mesure concrète sera l’annonce de nouveaux fonds pour un organisme indépendant destiné à représenter les Néo-Brunswickoises dans le budget provincial de 2013-2014. En 2011, année de l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme au N.-B., on a déterminé que: «L’abolition du Conseil est inacceptable puisque déjà trop peu de ressources publiques sont affectées à la promotion et à la mise en œuvre de projets en faveur des droits des femmes. Dans son budget global de l’année financière 2010-2011, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a investi 0,05 %, soit un faible cinq centième de 1 %. L’abolition du Conseil consultatif représente une réduction budgétaire de 9 %.» (Communiqué conjoint en réponse de l’abolition du CCCFNB)

Le gouvernement Alward a encore beaucoup de chemin à faire pour convaincre les Néo-Brunswickoises qu’il a sérieusement l’intention de faire progresser la condition de la femme au moyen de ses politiques gouvernementales. Les annonces de la semaine dernière étaient un premier pas nécessaire dans cette direction. J’espère que nous poursuivrons dans cette voie.