Coup de tonnerre dans un ciel bleu!

«N’ayez pas peur d’aimer: aimez de tout votre coeur, mais n’attendez pas tout de l’autre. Il n’est que ce qu’il est; si vous voulez qu’il soit tout, il ne sera plus rien.» La peur de l’amour selon Catherine Bensaid

La séparation conjugale détonne parfois de façon brutale, si brutale que le partenaire qui la subit semble dire «je n’ai rien vu venir». Ce sont des décisions qui sont rarement prises sur un coup de tête, surtout lorsqu’elles sont non équivoques. Souvent, le partenaire qui annonce la séparation conjugale brutalement à son conjoint a longuement réfléchi à sa situation, et à la situation conjugale.

L’histoire de l’homme dévasté avait pour objectif de mettre en mots ce que trop peu d’hommes n’arrivent pas à formuler quand ils se retrouvent face à une situation de séparation imminente. Surtout, lorsqu’ils ont la nette impression que tout allait bien dans le couple, comme disait JC, que «tout tournait rond». Eh bien non, le couple était loin de tourner rond. Un cumul de tout vient sabrer en quelques secondes le désir de mettre fin à une relation conjugale devenue de plus en plus lourde à porter au quotidien. Une séparation qui leur tombe dessus produisant l’effet de la foudre, ils se sentent, démolis, anéantis, ravagés par toutes sortes de maux physiques et psychologiques. Même si cette histoire porte sur le masculin, elles s’appliquent autant aux femmes, car se faire larguer «en plein amour» est éprouvant émotivement.

La dérive conjugale
Le couple vogue à la dérive, mais il semble qu’on ne voit pas. Est-ce possible de ne pas avoir de signes que le couple frappera un iceberg? On n’a pas vu par manque de vigilance, par indifférence, ou parce qu’on ne voulait pas voir? «Je n’ai rien vu venir», c’est parfois vrai de ne pas voir venir, mais avec du recul, la plupart des couples qui font l’analyse de leur situation voient bien les signes que quelque chose n’allait pas. Il y avait des désaccords non dits, des disputes ravalées, une distance physique et psychologique qui était présente, mais non avouée; quelque chose ne tournait pas rond pour l’un des deux partenaires et l’autre n’était pas à l’écoute de ce qui était en train de se passer, trop pris par le travail, les soucis, la routine, les habitudes, etc.

L’amour acquis est souvent un amour non dit!
Tenir l’autre pour acquis, c’est trop souvent ce qui se passe dans un couple, et je ne le dirai jamais assez. Le nombre d’années de vie commune n’est pas une assurance contre les bris de vie commune. Alors qu’au moment de la conquête vous vous mettiez sur votre 36 pour vous séduire l’un et l’autre, que le temps vous paraissait toujours trop court, que les caresses et les baisers se faisaient nombreux, il n’y avait jamais rien de trop beau pour l’être cher, voilà qu’un jour, tout cela est chose du passé, car vous tenez pour acquis que vous avez déployé suffisamment d’efforts de conquête. Pour un homme, dire je t’aime n’est pas un automatisme, quand il le dit une fois, il s’attend à ce que la femme l’ait entendu et compris. Maintenant que c’est dit, on passe à autre chose… «Je l’aime, elle le sait, je suis avec elle; si je ne l’aimais pas, je ne serais pas avec elle», c’est simple! S’ils ont choisi cette femme plus qu’une autre, c’est une preuve d’amour. Mais pour la femme, cette preuve d’amour doit se montrer renouvelable au quotidien, elle se crée des attentes, beaucoup d’attentes, par l’attention que son partenaire lui porte. S’il faillit dans les petites attentions, tenant pour acquis que tout tourne bien rond dans le couple, il se trompe. Elle développe des frustrations, provoque des sujets de discussions, et quand elle ne se sent pas écoutée, elle prend ses distances. Devant les insatisfactions, les attentes non sans espoir, le désamour prend place à bord du bateau conjugal. Le désamour engendre une indifférence envers l’autre qui se traduit par un désintérêt.

Lorsque les mots «je ne t’aime plus» sont prononcés et que vous voulez savoir et comprendre le pourquoi du comment. Si l’amour est inexplicable, dites-vous que le désamour l’est tout autant. La personne larguée doit apprendre à vivre sans l’autre et à survivre à la séparation aussi pénible soit-elle. Comment survivre à la séparation? Il faut comprendre d’abord quelles sont les étapes que vous traverserez. Ce qui rythme le deuil d’une séparation est votre capacité de résilience et nous avons tous cette capacité. Dites-vous que de l’autre côté de la rive l’espoir vous attend!

Une autre histoire de séparation qui tourne mal au Québec; une mère a noyé ses trois bambins. Je vous parlerai dans ma prochaine chronique de l’étape de la rage qui se tourne vers soi ou vers les autres.

Merci pour vos commentaires, vos suggestions, je vous lis avec attention. Prenez soin de vous !