L’élasticité des engagements électoraux

Quand David Alward a déclaré que sa parole était son contrat, il n’a pas mentionné qu’il y avait des clauses de dérogation rédigées en petits caractères entre les lignes.

Ramener le déficit à zéro en n’augmentant ni les taxes, ni les impôts, et ce, sans réduire les services à l’intérieur d’un mandat, ça semblait trop beau pour être vrai.

C’était promettre mer et monde et ignorer la réalité. On sait aujourd’hui que cet engagement électoral ne sera pas tenu. Mais les économistes aussi l’avaient prédit, et cela, avant même que le ministre des Finances, Blaine Higgs, ne présente son premier budget.

Il leur semblait clair comme de l’eau de roche qu’il fallait à la fois réduire les dépenses et augmenter les revenus pour briser le nœud du déficit structurel laissé en héritage par le précédent gouvernement.

Si M. Higgs s’est finalement résolu à augmenter les impôts, ce qui contrevient à un engagement électoral, c’est que la situation est critique.

Il aurait fallu le faire plus tôt, et de façon décisive, un peu comme quand on enlève un pansement adhésif bien collé sur une jambe poilue: ça fait mal sur le coup, puis la douleur s’en va.

Dans 18 mois, ce gouvernement doit se présenter devant l’électorat… pour faire les comptes. Et le gouvernement Alward a démontré que ses engagements étaient d’une élasticité étonnante.

Le Cabinet, qu’ils avaient promis de maintenir à 15 ministres en compte maintenant deux de plus, le gel des évaluations foncières pour les aînés est devenu un report de solde et l’abolition des frais de transport par ambulance se fait attendre.

S’il fallait renier des promesses, car parfois il le faut, celle du maintien de la TVH à son niveau actuel aurait, je crois, dû être la première à balancer par-dessus bord.

Et la loi sur la protection du contribuable, qui menotte les gouvernements jusqu’à la fin des temps, aurait dû tout simplement être abrogée.

Si cela avait été fait dès le premier budget, la dette ne se dirigerait pas vers le seuil des 12 milliards $.