Sièges éjectables

Le rendez-vous électoral approche à grands pas au Nouveau-Brunswick et de plus en plus de députés progressistes-conservateurs se rendent compte qu’ils sont assis sur des sièges éjectables. La réforme de l’assurance-emploi du grand frère fédéral suscite du mécontentement qui affecte la popularité du gouvernement Alward et qui mine les chances de réélection de plusieurs députés du caucus conservateur.
Les députés conservateurs des régions rurales les plus affectées ne se gênent plus pour prendre part à des manifestations contre la réforme du gouvernement Harper. Nous avons pu récemment voir à Edmundston le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Danny Soucy, participer à une marche d’opposants qui ont défilé devant les bureaux du ministre Bernard Valcourt.

Que penser du face-à-face du ministre Valcourt avec l’étudiant Guillaume Deschênes-Thériault, un des porte-parole du mouvement contre la réforme de l’assurance-emploi? Nous avons pu voir dans les médias un ministre survolté, voire agressif, et un jeune homme calme et posé. Bernard Valcourt aime bien jouer du coude dans l’arène politique.
À la différence des députés progressistes-conservateurs provinciaux, le ministre Valcourt, député de la circonscription rurale de Madawaska-Restigouche, dispose d’un parachute doré s’il est éjecté de son siège aux prochaines élections fédérales. Il pourra toucher, comme ancien député et ministre sous les gouvernements Mulroney et Harper, une généreuse pension indexée.

Les libéraux fédéraux avaient subi de lourdes pertes en Atlantique aux élections de 1997, à la suite des changements qu’ils avaient effectués au programme d’assurance-emploi.

Les libéraux provinciaux ont bien joué leurs cartes lorsqu’ils ont sollicité les députés progressistes-conservateurs pour qu’ils se joignent à eux pour demander au gouvernement Harper de revoir sa réforme. Ces derniers ont refusé et du coup les voici associés à une décision impopulaire qui colle au gouvernement Alward.

C’est tout compte fait le NPD qui devrait davantage bénéficier de la révolte populaire contre la réforme de l’assurance-emploi des conservateurs. Après tout, le député d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin, a défait le ministre libéral Doug Young en 1997 et a vu depuis sa majorité augmenter à chaque élection.