Dur printemps pour l’Acadie

Trois grands Acadiens viennent de nous quitter: Jos Crotteau, en Nouvelle-Écosse, Léonce Bernard, à l’Île-du-Prince-Édouard, et Martin- J. Légère, à Caraquet. C’est beaucoup.

Jos Crotteau était très engagé dans la communauté du Grand-Havre (Halifax, Darmouth et les environs) et en Acadie de la N.-É., siégeant au sein de divers conseils d’administration, de l’Université Sainte-Anne au CMA 2004 en passant par la Maison acadienne. Il était de ces bénévoles tenaces sans qui, dans nos communautés minoritaires, rien ne se fait.

Léonce Bernard a, pour sa part, fait une carrière remarquable comme politicien acadien à l’Île-du-Prince-Édouard, sous le gouvernement de Joe Ghiz, avant de devenir lieutenant-gouverneur Homme de discrétion, mais Acadien engagé, il a joué toutes sortes de rôles – des plus modestes aux plus difficiles -, pour l’avancement de sa communauté. On lui doit, entre autres, d’avoir savamment orchestré l’approbation d’Ottawa et de Charlottetown pour la construction de l’école du Carrefour de l’Isle Saint-Jean.

Martin-J. Légère, pour sa part, était de tous les combats et de toutes les initiatives pour mettre de l’avant sa communauté de Caraquet et le peuple acadien dans son ensemble. Il aura surtout marqué le mouvement coopératif acadien et, ce faisant, il aura contribué à donner à l’Acadie une de ses grandes institutions financières, mais n’oublions pas non plus les causes, les entreprises et les initiatives qu’il a appuyées.

Trois vies d’engagement, donc, qui suscitent l’admiration. Alors que certains diront qu’on ne fait plus de patriotes de ce genre de nos jours, n’oublions pas que ces hommes n’ont jamais toléré le défaitisme et regardons, autour de nous, aujourd’hui, dans toute la grande Acadie, les Léonce Bernard, Martin Légère et Jos Crotteau qui s’activent, dans l’obscurité souvent, pour l’avancement du peuple acadien.

Quelques jours avant ces départs, la Société nationale de l’Acadie remettait en France la toute première médaille Léger-Comeau internationale à Maryvonne Legac: une femme d’exception, dévouée, qui reçoit fièrement tous les visiteurs à Belle-Île-en-Mer par ces mots: «Bonjour, je m’appelle Maryvonne et je suis Acadienne!» Elle et tant d’autres n’ont pas fini de travailler pour notre Acadie, ici, en France et ailleurs.