Le retour de Wolverine

Les aventures de Wolverine, le mutant le plus populaire de l’univers X-Men, prendront bientôt un nouveau tournant alors que le griffu Canadien retrouvera l’amour et sera confronté à une horde de samouraïs dans The Wolverine (en salle le 24 juillet).
Hugh Jackman reprendra le rôle de Logan, alias Wolverine, pour une cinquième fois – six si on considère sa brève apparition dans X-Men: First Class en 2011 – dans un film tourné au coût de 100 millions $ dont les nombreux reports de tournage ont sérieusement mis le
projet en danger.

Contrairement à X-Men Origins: Wolverine (2009), qui a raconté avec fort peu d’originalité le passé du mutant, The Wolverine nous transporte après les événements rapportés dans X-Men: The Last Stand (2006).

Dans la conclusion de ce dernier film, Wolverine a mis un terme à la guerre que se livraient deux clans de mutants en tuant celle qu’il aimait éperdument, Jean Grey (Famke Janssen) – devenue incontrôlable après avoir été totalement consumée par le Phoenix.

Anéanti (et plus hirsute que jamais!), Logan prendra la route du Japon afin de retrouver un peu de quiétude. Par un concours de circonstances, il perdra ses capacités de régénérations (ce qui le rendra vulnérable pour une première fois). Lorsqu’il tombera amoureux d’une femme promise à un ministre véreux, il deviendra la cible de samurais et de dangereux Yazuka.

The Wolverine s’inspire d’une bande dessinée parue en 1982, créée par Frank Miller, intitulée Origins. Parmi les autres travaux adaptés du génie de Miller, notons l’excellent Sin City (2005) l’honnête 300 (2005) et le très ordinaire The Spirit (2008).

Le lancement de la bande-annonce de The Wolverine, il y a une dizaine de jours, a provoqué un certain engouement sur la Toile. Les scènes d’action ne sont pas sans rappeler celles de Kill Bill ou de grands classiques des arts martiaux. Pour le reste, j’avoue n’avoir rien vu qui m’ait réellement impressionné.

Entre vous et moi, mes attentes ne sont pas extrêmement élevées pour cette sixième adaptation en 13 ans des bandes dessinées de la série X-Men – la première à bénéficier d’un traitement 3D.

À commencer par le fait que le potentiel du personnage de Wolverine, comme l’a démontré le médiocre X-Men Origins: Wolverine, commence à s’essouffler. Mais surtout parce que le tournage du film s’est heurté à de nombreux accrocs.

Le scénario initial de Christopher McQuarrie (The Usual Supsect, X-Men) a en effet été réécrit dans son intégralité par Mark Bomback (Live Free or Die Hard, Total Recall 2012) quelques mois avant le début du tournage.

Le tournage a été repoussé en deux occasions: tout d’abord quand le réalisateur Darren Aronofsky a abandonné le navire, quelques mois après son embauche, en octobre 2010, puis en raison du tsunami qui a frappé le Japon en mars 2011.

Qui plus est, le départ d’Aronofsky risque de se faire sentir. Le réalisateur, acclamé pour son travail dans The Wrestler (2008) et Black Swan (2010), a été remplacé par le vétéran James Mangold (Girls Interrupted, Walk the Line, 3:10 to Yuma).

À mes yeux, Aronofsky aurait été la personne idéale pour montrer un Wolverine repoussé dans ses derniers retranchements (à la The Wrestler) et l’impact psychologique de sa soudaine mortalité (à la Black Swan).

De son côté, Mangold a certes connu du succès au tournant des années 2000. Sa dernière incursion dans le cinéma d’action, Knight and Day (2010), avec Tom Cruise, n’est toutefois pas ce que l’on pourrait appeler un chef-d’oeuvre…

Rien, toutefois, pour empêcher les bailleurs de fonds des studios Marvels de dormir sur leurs deux oreilles. Après tout, X-Men Origins: Wolverine, un des films de superhéros les plus génériques des 20 dernières années malgré son budget de 150 millions $, a généré des recettes mondiales de 373 millions $…

Parions qu’encore une fois cette année les nombreux fanatiques du mutant bourru se déplaceront en masse pour découvrir ses nouvelles aventures – qu’elles soient originales ou non!