Le monde est tombé sur la tête

Est-ce moi? Ou avez-vous, vous aussi, l’impression que le monde est complètement tombé sur la tête?

Récapitulons:

Il y a d’abord eu le drame des deux enfants asphyxiés par un python; on a beau préparer ses enfants à toutes sortes de risques – les étrangers qui proposent des bonbons, par exemple –, je n’aurais jamais pensé qu’il fallait maintenant, en Atlantique, mettre ses enfants en garde contre les reptiles; sur les bords du Bayou Teche en Louisiane, sans aucun doute, mais au Nouveau-Brunswick! Et lorsque j’ai lu la liste des autres animaux enlevés de l’appartement en question, je me suis demandé si je ne rêvais pas.

Le 15 août j’ai cru rêver aussi en lisant le communiqué du ministre Jason Kenny nous félicitant, nous Acadiens, d’avoir passé au travers de tant de douleurs «excessives» pour le plus grand bonheur du patrimoine royal francophone. Quelle créativité! Non, je me reprends: quel révisionnisme! De quoi faire honte aux adeptes de Fox News. Et les explications subséquentes du ministre ont viré au délire lorsqu’il a jugé bon d’évoquer la royauté française, avant de se réfugier derrière la cible de choix de ce gouvernement: les fonctionnaires et, dans ce cas particulier, l’incompétence du traducteur-réviseur.

Avec de tels ministres, je n’aurais alors pas dû m’étonner que le premier ministre décide cette semaine de proroger le Parlement, un procédé «normal» a-t-il expliqué, au cas où il resterait un Canadien ou une Canadienne pour qui le Parlement demeure une institution importante.

Alors que je pensais avoir touché le fond du baril, voilà qu’une personne en Ontario se permet d’envoyer une lettre anonyme (quel courage!) à sa voisine pour lui dire que son enfant autiste fait du bruit, dérange le quartier et qu’elle devrait déménager ou euthanasier son enfant rendant ainsi «service à tout le monde», tandis qu’aux États-Unis trois jeunes désœuvrés tuent un sportif qui courait sans rien demander à personne pour passer le temps et tromper leur ennui.

Franchement, ça fait beaucoup.