Chanson à louer

Pour bâtir une maison, on a besoin d’outils. Ces outils-là, on les achète ou sinon, on les loue. Pour bâtir un spectacle, on a besoin de chansons. Ces chansons-là, on les compose ou sinon, on emprunte celles que d’autres artistes ont déjà composées. Quand on décide de faire cela, c’est le même principe qu’aller chez Location d’outils… On loue le droit d’utiliser une chanson! C’est toujours avec cet exemple que j’explique ce qu’est le droit d’auteur à mes élèves.

Au Canada, la Loi sur le droit d’auteur reconnaît différents droits aux auteurs-compositeurs:

– le droit de copier une oeuvre musicale (ex.: une partition)

– la reproduction d’une oeuvre musicale (ex.: un enregistrement sonore, un site Internet, etc.)

– la diffusion d’une oeuvre musicale (ex: à la radio, à la télé)

– l’exécution en public (ex.: un spectacle)

Disons que vous écrivez une chanson. Comme vous en êtes automatiquement propriétaire, vous pouvez décider de la gérer à votre guise; la garder pour vous, l’offrir à un interprète, etc. Cependant, pour gérer vos droits, vous devez la déclarer à la SOCAN (la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Au Canada, tous les auteurs-compositeurs doivent devenir membres de cette organisation. Et ça, c’est gratuit! On y inscrit votre chanson dans un catalogue et du moment où elle est répertoriée, on s’occupe de vos droits d’exécution.

Aussi, quand votre chanson est exécutée (par vous ou par quelqu’un d’autre) en spectacle, à la radio, à la télé, etc., vous pouvez dès lors recevoir des redevances. Eh oui, à chaque prestation, quelques sous vous reviennent.

Mais comment la SOCAN fait-elle pour savoir qui a joué quoi, où et quand? Là est le défi! C’est à la fois la responsabilité des auteurs-compositeurs, des éditeurs, des stations de télé et des producteurs de spectacles de déclarer les oeuvres qui sont jouées. Qu’il s’agisse d’un grand festival à Montréal ou d’un petit spectacle dans un bar à Bouctouche, quelqu’un doit faire en sorte que la SOCAN reçoive la liste des chansons qui ont été jouées avec une preuve que l’évènement a eu lieu (talon de billet, courriel, etc.). Après, la société s’occupe de verser les redevances aux créateurs de chansons, ça rend le monde heureux, et ainsi, la roue continue de tourner.

Je me demande bien ce qui pousse Luc Plamondon à continuer à écrire…