Journée nationale de l’enfant: le Canada est-il à la hauteur?

Un bon réseau de centres de la petite enfance rapporte beaucoup au gouvernement – à la fois en impôts plus généreux versés par les mères et en matière de développement de l’enfant. Pour que ce dernier aspect rapporte beaucoup, il faut cependant que les services offerts aux petits en bas âge soient de grande qualité et que les éducateurs soient qualifiés et bien rémunérés. - Archives
Un bon réseau de centres de la petite enfance rapporte beaucoup au gouvernement – à la fois en impôts plus généreux versés par les mères et en matière de développement de l’enfant. Pour que ce dernier aspect rapporte beaucoup, il faut cependant que les services offerts aux petits en bas âge soient de grande qualité et que les éducateurs soient qualifiés et bien rémunérés. – Archives

Partout dans le monde, la Journée nationale de l’enfant est célébrée le 20 novembre. Cette date souligne deux événements mondiaux historiques: la signature en 1959 de la Déclaration des droits de l’enfant des Nations Unies et l’adoption en 1989 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.

À la lumière de cette journée importante, je voulais prendre un moment pour examiner la façon dont le Canada répond aux besoins de ses plus jeunes citoyens et de leurs parents, comme le stipule l’article 18 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant: «Pour garantir et promouvoir les droits énoncés dans la présente Convention, les États parties accordent l’aide appropriée aux parents et aux représentants légaux de l’enfant dans l’exercice de la responsabilité qui leur incombe d’élever l’enfant et assurent la mise en place d’institutions, d’établissements et de services chargés de veiller au bien-être des enfants. Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour assurer aux enfants dont les parents travaillent le droit de bénéficier des services et établissements de garde d’enfants pour lesquels ils remplissent les conditions requises.»

Des décennies ont été nécessaires aux autres pays pour mettre sur pied des réseaux de centres de la petite enfance qui répondent aux besoins des parents et des enfants. Pendant ce temps, selon plusieurs organismes, dont les Nations Unies et l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Canada continue à prendre du retard dans ce dossier.

Un bon réseau de centres de la petite enfance rapporte beaucoup au gouvernement – à la fois en impôts plus généreux versés par les mères et en matière de développement de l’enfant. Pour que ce dernier aspect rapporte beaucoup, il faut cependant que les services offerts aux petits en bas âge soient de grande qualité et que les éducateurs soient qualifiés et bien rémunérés. La recherche montre également que les services les plus performants sont ceux du secteur public avec des programmes sans but lucratif.

Nous avons tous entendu parler du terme «génération sandwich» qui désigne les adultes qui s’occupent à la fois de leurs enfants et de leurs parents. Mais avez-vous entendu parler du terme «génération sous pression»? L’expression vient de la campagne pancanadienne lancée par l’Institut de recherche Human Early Learning Partnership (partenariat pour l’apprentissage précoce des enfants) de l’Université de la Colombie-Britannique qui vise à diminuer l’écart des dépenses publiques entre générations. Ce groupe de recherche analyse où vont les fonds gouvernementaux et les conséquences de ces investissements sur les familles canadiennes. Par exemple, saviez-vous que:

• Les jeunes Canadiens d’aujourd’hui travaillent et étudient davantage, mais gagnent moins d’argent. Depuis 1976, leurs revenus ont chuté de 11 %, malgré le fait qu’ils sont deux fois plus susceptibles d’avoir terminé des études postsecondaires.

• Il y a un écart des dépenses publiques entre générations au Canada. Les gouvernements dépensent 12 000 $ par personne en services et avantages pour les 45 ans et moins alors qu’ils en dépensent 45 000 $ par personne pour des services et avantages destinés aux retraités.

• Le gouvernement canadien dépense autant en subventions à l’industrie de l’élevage et de l’agriculture qu’en services à la petite enfance et aux parents à la maison avec un nouveau-né.

Il est temps que le gouvernement du Canada assume avec sérieux ses responsabilités envers les enfants canadiens et leur famille, et qu’il investisse pour mettre sur pied une gamme de programmes fiables, abordables et de grande qualité. Donner aux parents une prestation mensuelle imposable n’est vraiment pas la solution. On ne donne pas de l’argent aux gens en leur disant de construire des infrastructures publiques, comme des écoles, des bibliothèques et des routes.