Bonne année!

«L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait.» Georges Bernanos

C’est un cliché trop souvent répété, mais il n’est pas exagéré de dire que le Nouveau-Brunswick est à la croisée des chemins en ce début de l’an 2014.

Les finances publiques sont dans un état pitoyable. Selon la vérificatrice générale, «des changements majeurs sont nécessaires pour que la province améliore sa santé financière.» Elle ne précise pas quels changements, mais après cinq déficits consécutifs, dont un de plus de 500 millions $ pour l’année financière 2013, et une dette nette qui dépasse 11 milliards $, on peut comprendre pourquoi elle se dit «préoccupée».

Le problème principal: le manque de revenu. L’activité économique n’est pas à la hauteur de nos ambitions, même pas de nos besoins. Plus de 3000 personnes ont quitté la province en 2012, presque autant en 2013. Et il est difficile de voir la lumière au bout du tunnel. Le taux de chômage est figé autour de 10 %. La confiance n’est pas au rendez-vous et seule la perspective d’une économie américaine en progression peut nous donner espoir.

Dans ce marasme, il n’est pas étonnant que l’inégalité soit en pleine progression. Les banques alimentaires ont de la difficulté à fournir à la demande. La réforme de l’assurance-emploi marginalise des travailleurs d’industries saisonnières et les oblige à chercher du travail ailleurs, sûrement un des buts de la réforme. La pauvreté ne semble pas vouloir s’amenuiser de façon importante malgré des engagements non partisans et louables. Le niveau d’endettement des ménages est une autre source d’inquiétude.

Durant ce temps, la classe politique est vue comme un obstacle au progrès ou au minimum, un inconvénient. Le citoyen moyen, à tort ou à raison, considère qu’on lui cache de l’information, que nos élus sont plus intéressés au succès politique qu’à l’amélioration de la situation provinciale et que son vote ne vaut pas grand-chose.

Il va sans dire que l’année toute nouvelle nous promet bien des défis à surmonter. L’absence d’une vision cohérente est peut-être le plus grand de ces défis. Mais ce sont des sujets pour de prochaines chroniques.