Le meilleur est à venir

Je me creuse la tête depuis une semaine pour décider de ce dont je vais vous parler, en cette première chronique de 2014. L’habitude est à la rétrospective ou, au moins, à souligner les faits marquants de l’année écoulée. J’essaie, mais malgré mon désir de bien faire et de ne pas déprimer mes lecteurs et lectrices, je ne vois rien de marquant dans l’année 2013. Bien au contraire.

Bien sûr, il y a eu des réussites individuelles (bravo! Lisa LeBlanc, par exemple), mais que ce soit en Acadie, au Canada ou ailleurs dans le monde dit démocratique, on a surtout eu droit à une médiocrité sans fin: au Sénat, au Parlement et dans toutes les autres instances décisionnelles du pays le constat est affligeant; chez notre voisin, on a vu Obama chanceler, la mise en œuvre de sa réforme de l’assurance médicale menacée par grossière incompétence; le président français et son gouvernement n’ont pas su rester fermes, avançant des réformes pour mieux reculer à la première manifestation afin de préserver «la paix sociale». Où est la vision? Le pouvoir d’enthousiasmer une nation et de l’amener à participer à un projet collectif? Partout, en 2013, dans les couloirs du pouvoir comme dans les institutions plus modestes, on a préféré l’administration à la vision, les colonnes comptables aux services publics, la gestion à l’imagination.

Par contre, on ne trouve aucune hésitation ni aucun recul chez les dictateurs et les fanatiques: la Syrie, la Corée du Nord et les groupes islamistes de l’Afrique en sont la preuve. Cet affrontement entre des États de droit sclérosés par l’inaction ou paralysés par la peur et l’élan destructeur de ceux qui sont déterminés à imposer leurs vues et leurs lois a de quoi inquiéter.

Triste palmarès, et pourtant tous les ans au 1er janvier, on semble convaincu que le meilleur est à venir, que l’année nouvelle sera porteuse de succès, de bonheur, d’épanouissement individuel et collectif tant l’Homme est programmé pour croire en l’avenir.

Dans cet esprit et comme, on le sait, «l’espoir fait vivre», permettez-moi donc de vous souhaiter une année 2014 où s’épanouissent vos souhaits les plus chers.