David Coon: la vocation environnementale

Né à Toronto, c’est à Montréal que David Coon poursuit ses études, d’abord au secondaire puis à l’Université McGill en biologie et en écologie. C’est durant ses études universitaires qu’il dit s’être politisé, comme plusieurs jeunes universitaires des années 1970.

Avant de faire le saut en politique, David Coon a travaillé toute sa vie à défendre les questions environnementales. Son entrée en politique est motivée, bien sûr, par des préoccupations écologiques, mais aussi pour instituer plus de transparence dans le système politique du N.-B., mettre fin au patronage et amener les députés à parler pour les citoyens qui les ont élus, plutôt que de défendre les projets arrêtés par le gouvernement. - Acadie Nouvelle: Jean Saint-Cyr
Avant de faire le saut en politique, David Coon a travaillé toute sa vie à défendre les questions environnementales. Son entrée en politique est motivée, bien sûr, par des préoccupations écologiques, mais aussi pour instituer plus de transparence dans le système politique du N.-B., mettre fin au patronage et amener les députés à parler pour les citoyens qui les ont élus, plutôt que de défendre les projets arrêtés par le gouvernement. – Acadie Nouvelle: Jean Saint-Cyr

«Au Québec, c’était une période (milieu des années 1970) de grands changements. René Lévesque s’était hissé au pouvoir, (Pierre Elliott) Trudeau avait retrouvé un second souffle. Je me suis pas mal impliqué dans le mouvement environnemental. Je m’étais dirigé en sciences avec l’idée que je pourrais contribuer à relever les principaux défis environnementaux.»

«J’avais été très affecté par le fait qu’une communauté autochtone de l’Ontario avait été contaminée par le mercure contenu dans les poissons vivant dans une rivière polluée par un moulin à papier. En grandissant et en vieillissant, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il fallait bâtir un mouvement fort pour un changement, dans mon cas en passant par la science.»

Après avoir cherché du travail à Montréal et à Ottawa, David Coon finit par travailler chez Pollution Probe à Toronto, le regroupement environnemental probablement le plus connu à la fin des années 1970 au Canada. Il y restera cinq ans avant de déménager au Nouveau-Brunswick en 1985. Quand on lui demande ce qui a motivé son déménagement au Nouveau-Brunswick, il répond avec un grand sourire: «C’est l’amour!»

David Coon a ensuite dirigé le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick depuis son arrivée dans la province jusqu’au moment où il accède à la direction du Parti vert du Nouveau-Brunswick.

La bonne réputation des écologistes

David Coon avait appris à connaître le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick pendant qu’il travaillait chez Pollution Probe. Les réunions nationales des groupes environnementaux l’avaient amené à travailler avec le conseil sur des dossiers d’ordre national.

«À cette époque, le mouvement environnemental du Nouveau-Brunswick et des Maritimes était déjà bien établi et reconnu pour ses actions et son militantisme. Quand j’étais à l’Université McGill, la Coalition de l’énergie des Maritimes faisait déjà campagne pour des sources d’énergie renouvelables et contre la construction de (la centrale nucléaire) Pointe Lepreau. Pendant que j’étais à McGill, j’ai beaucoup appris sur l’industrie de l’énergie nucléaire en assistant à des conférences tenues par des gens de la Coalition de l’énergie des Maritimes.»

«C’est aussi par le travail de la coalition que j’ai été sensibilisé au problème de l’épandage des produits chimiques sur les forêts de la province. La réputation des environnementalistes des Maritimes est très forte. J’ai appris à les connaître pendant que j’étudiais à Montréal, et je me suis rendu compte en travaillant chez Pollution Probe qu’ils avaient aussi une réputation solide en Ontario.»

David Coon rappelle qu’il n’existait pas d’organisation environnementale pancanadienne à cette époque, ce qui amenait les organisations provinciales à travailler ensemble et à tisser des rapports de travail étroits entre elles.

«C’était une période très motivante, très stimulante pour les organisations écologistes», précise M. Coon.

«Il existait une magnifique solidarité entre les regroupements écologistes de toutes les provinces.»

Le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick a été un artisan important à la mise sur pied du Réseau environnemental du Canada, la première organisation nationale.

Il y a un revers à un travail motivant et stimulant: on travaille sans arrêt, sans se reposer. Après cinq ans chez Pollution Probe, David Coon est en épuisement professionnel.

«C’est difficile à croire qu’un jeune homme dans la vingtaine s’épuise au travail, mais c’est pourtant ce qui m’est arrivé», témoigne-t-il.

Il cherchait à quitter son travail et la ville de Toronto quand il rencontre sa conjointe actuelle, Janice Harvey.

«L’amour ne pouvait pas arriver à un meilleur moment!», remarque David Coon, affichant un large sourire à l’évocation de ce moment précieux dans sa vie.

Qu’est-ce qui a poussé David Coon à faire le saut en politique?

«Il y a deux raisons, répond-t-il. Premièrement, le système politique au Nouveau-Brunswick, maintenant, est dysfonctionnel. L’Assemblee législative est dysfonctionnelle, en ce sens qu’elle n’est devenue qu’une formalité pour le premier ministre. Ce n’est plus l’endroit où les projets de loi sont débattus par les députés», déplore-t-il.

«Les députés lisent des textes rédigés par les employés du parti, ils votent strictement selon la ligne du parti. Nous n’avons pas une démocratie réelle au Nouveau-Brunswick, étant donné que tout le pouvoir est concentré au bureau du premier ministre. Et c’est la même chose au gouvernement du Canada, maintenant.»

«Alors j’espère pouvoir contribuer à améliorer la situation politique au Nouveau-Brunswick. Si nous désirons avoir les bonnes solutions aux défis du Nouveau-Brunswick, il faut que nous soyons les maîtres de notre avenir. Actuellement, ce n’est pas possible parce que le gouvernement conservateur a adopté l’agenda des grandes entreprises comme les Irving. C’est très important pour moi qu’on puisse régler ce problème.»

«Deuxièmement, à l’Assemblée législative, le rôle de député doit vraiment représenter les gens de sa circonscription. Maintenant, nous avons une situation où le député parle juste de la politique du gouvernement, de son parti, à ses gens dans sa circonscription, plutôt que le contraire, de représenter les gens qui l’ont élu à Fredericton. Au Parti vert, pour nous, la question de la démocratie participative est très importante. Il est important pour nous que les députés soient représentatifs de leur population et de leur région.»

«Il est aussi important pour nous de mettre fin au petit système de patronage partout au Nouveau-Brunswick, parce que les gens craignent de ne rien recevoir s’ils ne sont pas du bon côté du pouvoir.»

David Coon tient aussi à amener la classe politique du Nouveau-Brunswick à plus de transparence.

«Avec l’administration Lord, l’administration Graham et l’administration Alward, nous n’avons pas eu la transparence nécessaire pour prendre de bonnes décisions.»

SAINT-CYR RENCONTRE…  SPÉCIAL ÉLECTIONS
Le 23 août – Dominic Cardy
Le 30 août – David Alward
Le 6 septembre – Brian Gallant
Aujourd’hui – David Coon