600 millions $, ce n’est pas la lune, mais…

Le gouvernement provincial a lancé en grande pompe sa révision stratégique des programmes, la semaine dernière.

Le ministre responsable de ce dossier, Victor Boudreau, a dit vouloir économiser jusqu’à 600 millions $
en augmentant les revenus et
en diminuant les dépenses de la province.

On ignore pour l’instant quelles mesures seront adoptées. Il est donc difficile d’analyser cette révision stratégique.

Il nous reste l’objectif de
600 millions $. Cette somme représente 7 % du budget de fonctionnement.

On s’entend qu’il est très peu probable que le gouvernement l’atteigne uniquement en sabrant dans les dépenses. Il ne serait donc pas surprenant de le voir effectuer des compressions de 2, 3, voir 4 %.

Quelle serait la réaction à de telles coupures? Si l’on se fie à l’histoire récente du Nouveau-Brunswick, on se doute bien qu’elle ne serait pas des plus positives.

Souvenez-vous ce qui s’est passé
en 2011 lorsque les progressistes-
conservateurs ont contraint les districts scolaires de réduire leurs dépenses de
2 % par année pendant trois ans. On a assisté à une levée de boucliers dans certaines régions.

Le district scolaire 1, dans le sud de la province, a tenu tête au ministre de l’Éducation, Jody Carr. À un moment donné, il a même été question que le ministère mette le district en tutelle. Il a fallu plusieurs mois et l’intervention d’un médiateur pour que la crise soit réglée.

Tout ce brouhaha a été causé par la directive de réduire les dépenses de 2 %. On peut se demander quel aurait été le dénouement de cette crise si Fredericton avait demandé aux districts de se serrer la ceinture davantage.

On ne sait pas encore comment le gouvernement s’y prendra pour «économiser» 600 millions $. Peu importe, il y a fort à parier que cela ne se fera pas sans heurts. Si l’on se fie à ce qui s’est passé en 2011, il peut s’attendre à de la résistance dans certains secteurs. Il n’est vraiment pas sorti du bois, comme dirait l’autre.