Doit-on s’inquiéter des congés de tempêtes?

Se relevant d’une semaine météo éreintante, il y a lieu de se demander si nous devons nous inquiéter des conséquences que peuvent avoir les journées d’écoles annulées. La question vaut au moins les 1,1 milliard $ que nous investissons chaque année dans le système scolaire du Nouveau-Brunswick.

Il va de soi que la sécurité des enfants importe plus que les considérations financières. C’est avant tout en fonction de la sécurité des enfants que les districts scolaires décident de fermer ou non les écoles.

La réponse n’est toutefois pas simple et plusieurs éléments doivent être pris en considération. Les conséquences ne sont pas les mêmes selon le niveau scolaire, le temps de l’année et même la matière. Les différentes solutions varient également d’une manière semblable.

La première conséquence est évidemment le retard pris dans la livraison des programmes d’études. Plus il y a de cours dans l’année, plus il est facile d’amortir les journées perdues. Ainsi, étant donné la structure de l’horaire au secondaire, les effets sont plus marqués à ce niveau puisqu’il y a moins de cours dans un semestre. Aussi, plus on se rapproche de la fin de l’année, moins c’est facile de rattraper le temps perdu.

Les enseignants réaménagent leur planification afin que les élèves puissent voir l’ensemble du programme d’étude prescrit par le ministère de l’Éducation. Ils adaptent alors leur pédagogie en conséquence. De son point de vue, l’élève est plus ou moins affecté par ces changements.

C’est sûr qu’il y a un certain prix à payer. Selon l’approche pédagogique choisie, on peut parcourir la matière à des rythmes différents. L’intégration sera cependant diminuée chaque fois que le temps à la tâche est réduit. Les élèves qui éprouvent des difficultés pourront alors moins aisément réussir à comprendre et à atteindre les objectifs d’apprentissage.

Il y a actuellement quelques solutions qui peuvent être mises de l’avant pour reprendre le retard. La direction du District scolaire francophone Nord-Est, où certaines écoles ont été fermées une dizaine de jours, annonçait cette semaine que les demi-journées pédagogiques prévues pourraient se convertir en demi-journées de classe.

L’évolution de la technologie pourrait éventuellement permettre la mise en place de solutions en ligne. Tous les moyens existent déjà. Il faut toutefois s’assurer que tous les élèves y aient accès à partir de la maison. Ce n’est pas encore le cas partout et pour tout le monde dans la province.

Il ne faut cependant pas penser qu’une journée de congé est totalement perdue dans le développement des élèves. Qu’il soit à la maison ou en garderie, l’enfant peut profiter du congé pour faire des apprentissages qui ne peuvent pas toujours se faire en classe.

Jouer dehors ou bricoler à l’intérieur favorise aussi le développement de l’enfant dans des composantes importantes et essentielles de sa croissance et de son bien-être. Jouer aux cartes ou a des jeux de société aident à calculer et à respecter les règles. Avez-vous déjà essayé de mettre le film que votre enfant connaît par cœur dans une autre langue que celles qu’il connaît? Et, autant pour les petits comme pour les plus grands, il y a la lecture. Dans un système d’éducation basé sur l’écrit comme le nôtre, on ne peut jamais être trop compétent en lecture.

Elle est peut-être là la solution la plus économique. Comme on devrait se préparer une trousse de survie en cas d’urgence, il serait bien de planifier des activités éducatives en cas de tempête.