Budget: quelle part pour les femmes?

Cette semaine est une semaine importante pour la politique du Nouveau-Brunswick, car il s’agit de la semaine où le budget est déposé. Ce budget va fort probablement donner le ton du gouvernement libéral pour les quatre prochaines années. Le gouvernement devra ensuite attendre la réaction des citoyens à l’égard du budget afin de déterminer s’il est sur la bonne voie.

D’ailleurs, les citoyens du Nouveau-Brunswick sont plus engagés que par le passé et les électeurs sont bien plus volatils. Les gouvernements qui n’écoutent pas leurs électeurs en paient le prix lors des élections. Par le passé, les gouvernements étaient presque toujours garantis un deuxième mandat. Cependant, depuis les deux dernières élections, ceci n’est plus la réalité au Nouveau-Brunswick.

Au moment où vous lirez cette chronique, vous connaîtrez déjà le budget provincial. De mon côté, j’espère que les éléments suivants feront partie du budget du gouvernement libéral:

– Que le gouvernement donne suite à son engagement de mener une analyse différenciée selon les sexes. Cette analyse des décisions budgétaires difficiles à prendre afin de déterminer où investir des fonds et où effectuer des réductions d’impôt est essentielle en vue d’assurer que ces investissements et ces réductions ne favorisent pas un segment de la société de façon disproportionnée.

Sans les résultats de cette analyse, comment connaîtrons-nous l’incidence des prises de décision du gouvernement en matière de politiques et d’investissements? La plupart des compressions budgétaires toucheront-elles des emplois occupés par des femmes dont, par exemple, les enseignantes et d’autres fonctionnaires? La plupart des investissements créeront-ils des emplois qui seront occupés par des hommes dont, par exemple, des investissements dans l’infrastructure?

– Que le gouvernement donne suite à son engagement visant à rétablir le financement du forum Les voix des femmes du Nouveau-Brunswick à ce qu’il était en 2011 et assure son autonomie en ce qui a trait à la supervision et la gestion de ces fonds.

Il y a 4 ans, en mars 2011, le gouvernement conservateur a annoncé dans son budget l’abolition du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick. Quoique les questions relatives aux femmes soient de plus en plus présentes dans le discours public, l’octroi de fonds ne le démontre certes pas. Il a fallu quatre ans pour remédier à cette erreur politique qui a mis fin au financement d’une voix indépendante, subventionnée par l’État, pour les Néo-Brunswickoises. Cela en dit long quant au besoin d’engager davantage de femmes dans la politique.

Il reste encore beaucoup de travail à faire pour rétablir le plan d’action et l’analyse des politiques en ce qui concerne l’égalité des femmes là où ils étaient en 2011 alors que le conseil consultatif existait toujours. Le rétablissement du financement à son niveau de 2011 et l’adoption de lois afin d’assurer l’autonomie du forum Les voix des femmes du N.-B. sont des premières mesures nécessaires et j’espère qu’elles feront partie des documents budgétaires provinciaux.

– Que le gouvernement investisse dans les services d’apprentissage et de garde d’enfants et nous donne une indication que nous sommes prêts à faire la transition vers un système financé par l’État où le public contribue à déterminer où lesdits services seront situés et participe à la gestion de ces services.

– Que le gouvernement s’engage à adopter une loi sur l’équité salariale pour les secteurs public et parapublic ainsi qu’une loi qui touche le secteur privé.

Je me réjouis à l’idée du dialogue public qui suivra le dépôt du budget provincial cette semaine.