Les succès de la Finlande en éducation

Tout récemment sur le site du World Economic Forum, je lisais un texte de Pär Stenbäck, ministre de l’Éducation de la Finlande entre 1979 et 1982. Il y explique pourquoi, selon lui, la Finlande se classe parmi les premiers pays au monde en matière d’éducation.

En lisant entre les lignes, on comprend qu’il a écrit son texte dans le contexte d’austérité qui mènera à des compressions en éducation qui risquent de soulever des débats passionnés dans son pays. Il craint que les attentes élevées envers le système d’éducation de son pays ne soient plus atteignables à la suite d’éventuelles coupures.

Quelles sont donc, selon cet ancien ministre, les raisons du succès des Finlandais lors des tests internationaux?

1- L’éducation est une valeur fondamentale de la culture finlandaise depuis les années 1800.

2- Aucun enfant n’est abandonné par le système d’éducation. Les élèves qui éprouvent des difficultés reçoivent très tôt, de la part des enseignants et de leurs assistants, l’attention nécessaire afin d’atteindre le niveau de compétence attendue pour leur âge.

3- Les universités n’acceptent seulement que 11 % des demandes d’admission dans les programmes de formation en enseignement. On souhaite ainsi ne retenir que les plus motivés et passionnés.

Il existe, bien entendu, d’autres facteurs qui favorisent les bons résultats de ce pays scandinave. Par exemple, on attend généralement une à deux années de plus qu’ici avant d’enseigner la lecture aux enfants. Cela favorise la motivation, ou plutôt, cela réduit les risques d’une perte de motivation de nombreux élèves qui, trop souvent, se découragent parce qu’ils ne sont simplement pas prêts pour cette tâche.

Le système d’éducation finlandais mise aussi sur la qualité des apprentissages plutôt que sur la quantité. Au début du primaire, les élèves sont en classe seulement trois heures. Cela laisse plus de temps pour le jeu où les apprentissages sont réinvestis et mieux intégrés. Les élèves du secondaire sont en classe de 9 h à 14 h.

Comment réussissent-ils alors à trouver le temps pour couvrir toute la matière prévue dans les programmes d’études? C’est que les élèves sont moins soumis à des tests et des examens. Plutôt, ils passent plus de temps à apprendre qu’à être testés. Évidemment, les enseignants évaluent quand même. Sauf qu’ils évaluent plutôt informellement au fur et à mesure que les élèves font les exercices qui leur sont demandés.

Enfin, un autre exemple surprenant consiste à réduire le temps passé à enseigner les sciences et les mathématiques au profit des arts, de la musique et des cours professionnels et techniques. Pourtant, les résultats des Finlandais en sciences et en mathématiques continuent d’être élevés par rapport aux élèves des autres pays du monde.

Je trouve particulièrement intéressantes les trois raisons qu’a choisi d’évoquer monsieur Stenbäck pour expliquer le succès des élèves Finlandais. Ces trois raisons sont davantage des principes généraux que des solutions magiques. Plutôt, les solutions mises en œuvre découlent de ces principes généraux qui sont presque sacrés, voire intouchables.

En fait, à problèmes pédagogiques, les Finlandais proposent des solutions pédagogiques. Ils mettent en place des pratiques qui ont passé le test de la recherche et qui ont démontré des résultats positifs. Pour ma part, je trouve que pour résoudre des problèmes proprement pédagogiques, nous choisissons trop souvent des solutions qui ne découlent pas du domaine de l’éducation. Il y a peut-être là une piste de réflexion intéressante?