Saisir l’occasion

Quel hiver! Et là, je ne parle pas de toute cette neige qui, miraculeusement, a fini par fondre car j’étais persuadé qu’on en aurait jusqu’en juillet. Oui, quel hiver sur les plans sportif et humain. Des performances inspirantes, des succès inespérés et des histoires incroyables de la part d’Acadiens – de NOS Acadiens – ont rempli les pages de cette section tous les jours. J’espère que vous avez apprécié les lire autant que j’ai apprécié les mettre en pages pour vous.

Nous avons cherché à aller au-delà du résultat. Nous avons tenté de comprendre comment pouvait se sentir un athlète ou une équipe devant le prochain défi ou après une prestation donnée. Nous n’avons pas voulu chambouler complètement la couverture sportive, mais nous nous sommes donné comme défi d’aller plus loin que la réaction traditionnelle opposant la victoire à la défaite.

Ces histoires, elles ont été nombreuses et diversifiées. Elles ont mis en valeur un comportement humain digne, autant dans le succès que dans l’échec. Je ne me souviens plus qui a dit ça, mais un grand homme de l’ère moderne affirmait qu’il commençait toujours à lire son journal par la section des sports. C’était le seul endroit, soutenait-il, où on y valorisait la victoire de l’homme sur l’homme.

Geneviève Lalonde, Carole Fournier (au milieu) et Sean Couturier (photo du bas), comme bien d’autres athlètes acadiens, ont saisi l’occasion quand elle s’est présentée devant eux. Et ils ont bien fait. - Archives
Geneviève Lalonde, Carole Fournier (au milieu) et Sean Couturier (photo du bas), comme bien d’autres athlètes acadiens, ont saisi l’occasion quand elle s’est présentée devant eux. Et ils ont bien fait. – Archives

Ces victoires ne se limitent pas seulement à un univers de chiffres. Elles sont avant tout le résultat d’un travail colossal d’un athlète ou d’un groupe d’athlètes. Préparation, réflexion, entraînement, essais et erreurs. Puis on recommence aussi longtemps que ça en vaut la peine. C’est en partie ça, le sport.

Mais c’est également une histoire d’occasions. De saisir l’occasion. Parfois, c’est l’instinct qui nous dicte d’embarquer dans le train qui passe, sans connaître sa destination. Parfois, c’est à la suite de mûres et longues réflexions où le pour et le contre s’affrontent dans un combat psychologique à finir.

Saisir l’occasion…

Évidemment, c’est facile à écrire dans une chronique. Mais dans la vie, c’est tout autre. La peur se mesure au goût du défi. Quitter un endroit sûr pour l’inconnu. Ça bardasse fort dans la tête. On a l’estomac noué. Les nuits de sommeil sont perturbées. On pense que la décision est prise, puis l’instant d’après, nous sommes effrayés parce que nous ne sommes plus certains de rien.

J’imagine très bien Geneviève Lalonde, le jour où elle a décidé d’aller étudier à l’Université de Guelph en Ontario afin d’y trouver les conditions nécessaires à sa progression de coureuse. Ou tous ces athlètes qui nous ont si bien représentés aux Jeux d’hiver du Canada. Ou Carole Fournier, l’instant où le Marathon des Sables allait devenir son prochain défi. Ou tous ces coureurs qui se sont entraînés à la dure pour le Marathon de Boston. Ou Sean Couturier, quand il a reçu l’appel d’Équipe Canada. Je pourrais en nommer des centaines si vous voulez.

Ils ont saisi l’occasion qui se présentait à eux. Souvent, sans trop savoir dans quoi ils s’embarquaient. Ils auraient pu demeurer ici et se faire dire tous les jours à quel point ils sont beaux, ils sont bons, ils sont fins et ils sont capables. Ça flatte l’égo, c’est certain. Mais ça ne nourrit pas ce désir de savoir jusqu’où on peut aller.

Carole Fournier et sa médaille du 30e Marathon des Sables. - Archives
Carole Fournier et sa médaille du 30e Marathon des Sables. – Archives

Aujourd’hui, Geneviève Lalonde a réussi la norme olympique au 3000 mètres steeplechase et se rapproche de son rêve d’aller à Rio en 2016. Nos athlètes aux Jeux du Canada ont brillé, au point de donner au Nouveau-Brunswick la Coupe du Centenaire pour l’équipe la plus améliorée par rapport aux jeux précédents. Carole Fournier a franchi la ligne d’arrivée après une semaine de course dans des conditions extrêmes dans le désert du Sahara. Nos coureurs peuvent dire qu’ils ont fait le plus célèbre des marathons. Sean Couturier se promène maintenant avec une médaille d’or au cou, une preuve qu’il est à jamais un champion du monde après le spectaculaire parcours du Canada en République tchèque.

Ce sont leurs exemples. Ce sont leurs succès. Ils ont saisi l’occasion quand elle s’est présentée. Ils ont sauté à bord du train.

Ce sont aussi nos exemples, nos succès. Et ils seront assurément suivis de plusieurs autres. Ces autres qui auront aussi saisi cette occasion. Ce sera notre devoir de vous les faire découvrir, question de vous inspirer à continuer cette belle et passionnante aventure qu’est le sport en Acadie. Et à saisir l’occasion quand elle se présentera.

Et en parlant de saisir l’occasion, je tiens à vous remercier pour les nombreuses réactions qu’auront suscitées les commentaires hebdomadaires de nos journalistes Robert Lagacé et Stéphane Paquette ainsi que ma réflexion hebdomadaire. Nous sommes sortis de notre zone de confort, de notre rôle habituel de spectateur de l’action, pour en devenir des acteurs. Nous avons voulu analyser des points qui vous touchent personnellement. Et il est clair que vous avez apprécié.

Sean Couturier (au centre) a aidé le Canada à remporter la médaille d'or au Championnat mondial de hockey. - Archives
Sean Couturier (au centre) a aidé le Canada à remporter la médaille d’or au Championnat mondial de hockey. – Archives

Il est temps pour nous de prendre une petite pause estivale et de vous donner rendez-vous à l’automne, avec de nouveaux sujets passionnants et inspirants. Parce que s’il y a une chose dont je suis assuré, c’est que l’actualité sportive ne cessera jamais de nous fournir de la bonne matière. Et surtout, de nous émouvoir. Bon été à tous nos lecteurs.