Racines acadiennes: Une chronique de généalogie

 

La famille en fuite. – Gracieuseté Raynald Basque
La famille en fuite. – Gracieuseté Raynald Basque

«Quand on ne sait pas d’où on vient, on ne sait pas où on va» – Proverbe africain

C’est le révérend Monseigneur Walter Savoie de Campbellton, un cousin de mon grand-père, qui m’initia à la généalogie alors que je n’avais que 10 ans.

Au décès de ma grand-mère, il avait remis, à moi et à mon frère, un tableau de notre ascendance sur six générations. Quand il a vu notre intérêt pour la chose, il nous invita à poursuivre les fouilles dans ses ouvrages de référence. Depuis, je ne cesse d’être fasciné par l’histoire de mes nombreux ancêtres, que ce soit du plus simple laboureur (qui sont légion) jusqu’aux premiers rois carolingiens.

À l’école, avec raison, on nous enseignait les noms des rois, des grands gouverneurs et du clergé; les grands acteurs de l’histoire Canada et de l’Acadie. Mais notre pays a été construit à la sueur du front de gens ordinaires, qui deviennent extraordinaires en les examinant de plus près. Cette microhistoire permet aussi de mieux comprendre la grande Histoire, de la redécouvrir même. Et surtout de se l’accaparer.

La généalogie a connu de grands développements dans les deux dernières décennies. D’abord, l’apparition de l’internet a créé, il y a 20 ans, un environnement virtuel d’échange et d’entraide pour les généalogistes. Mais il faut faire très attention. De nombreuses généalogies non vérifiées et truffées d’erreurs son publiées sur le web. Même s’ils sont bien intentionnés, les auteurs de ces sites peuvent facilement induire les néophytes en erreur. Nous reviendrons plus longuement sur le sujet.

Les archives départementales françaises s’acharnent aussi depuis plusieurs années à numériser les registres paroissiaux anciens, pour les offrir gratuitement en ligne, dans la plupart des cas.

Cette offre est un cadeau du ciel pour les généalogistes acadiens et laurentiens. Dans plusieurs cas – plus particulièrement pour les familles du Québec où les premiers registres ont été mieux conservés – on connaît le nom des parents et le patelin d’origine des migrants, ce qui permet de poursuivre leurs lignées en France, assis confortablement dans son salon.

Mais comme le début de ces registres correspond souvent à la date du départ de l’immigrant, on reste parfois sur sa faim. Une recherche sur place reste nécessaire pour aller au-delà des registres paroissiaux, particulièrement par les documents notariés, fonciers ou judiciaires. La documentation en France est extrêmement riche à cet effet, sauf dans les régions durement touchées par les guerres et les révoltes à travers les siècles.

L’autre grand développement est l’arrivée de la généalogie génétique (G/ADN). Depuis une dizaine d’années, des laboratoires génétiques se sont spécialisés pour desservir la communauté généalogique. Notre code génétique comporte des signatures particulières qui nous proviennent directement de lointains ancêtres, surtout sur les lignées paternelles et maternelles.

Au cours des prochaines semaines, j’aborderai ces sujets tour à tour, selon le goût du jour, ou des interventions des lecteurs. J’espère renseigner les lecteurs sur les dernières découvertes touchant les ancêtres immigrants, surtout acadiens, mais parfois québécois, comme beaucoup d’entre nous comptons des ancêtres laurentiens dans notre généalogie. Les frontières entre le Canada et l’Acadie n’ont jamais été étanches. Nous sommes tous des enfants de la Nouvelle-France.

Certaines chroniques auront aussi un but didacticiel, pour guider les nouveaux généalogistes amateurs, et pour ceux qui voudront entreprendre l’aventure. D’autres seront destinés aux généalogistes plus avancés, en particulier pour la G/ADN.

Mes recherches particulières depuis plusieurs années visent à édifier la généalogie en France (ou ailleurs) des familles migrant en Acadie ou au Québec. Ce n’est pas un champ exclusif, avec toutes les sources en ligne maintenant disponibles.

J’invite les généalogistes à me faire part de leurs plus récentes découvertes à cet égard, qui pourront faire le sujet de chroniques, soulignant le travail des chercheurs concernés. Ces découvertes passent trop souvent inaperçues alors qu’elles touchent l’histoire généalogique d’une grande partie de notre population.

J’invite aussi les lecteurs à me poser leurs questions par courriel.

Je ne pourrai répondre à tous et à toutes, mais elles pourront peut-être servir à inspirer une prochaine chronique sur le sujet.

 

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