Avant d’entrer dans les détails de la recherche généalogique, il est bon de rappeler des règles de base pour s’éviter des maux de tête et des complications inutiles.

La première règle à suivre: documenter ses sources. Voilà la principale erreur de tous les généalogistes débutants. Que ce soit les sources orales, web, secondaires (imprimés) ou primaires (documents officiels), il faut toujours noter d’où vient chaque bribe d’information. Tôt ou tard, il faudra vérifier et valider nos informations.

Quand des informations contradictoires surviennent, il faut pouvoir juger de la qualité des sources. Et si le chercheur n’a pas noté d’où provient l’information, il peut perdre un temps fou à tenter de les retrouver.

Deuxième règle: garder son sang-froid. Dans l’enthousiasme de la découverte d’un nouvel ancêtre, il est facile de se laisser emporter, et sauter rapidement à la poursuite du prochain ancêtre. Si l’on emprunte une fausse piste, ce sont des heures de recherches qui seront perdues à édifier une généalogie qui n’est pas la sienne.

Même les meilleurs ouvrages de généalogie contiennent leurs lots d’erreurs, les miens aussi. En généalogie acadienne, beaucoup de sources d’avant la Déportation ont été perdues ou détruites. Avant les travaux de Stephen White, les ouvrages publiés contenaient de nombreuses filiations très discutables.

Attention à internet

Sur internet, on peut trouver tout et son contraire. Une étude récente d’un généalogiste anglais a trouvé que plus de la moitié des arbres publiés en ligne comportaient de nombreuses erreurs. Ce n’est pas parce qu’une information est alléchante qu’il faut s’en laisser convaincre, sans preuve à l’appui. Il peut être facile de dresser sa généalogie rapidement sur le web.

Mais attention. Tout un chacun peut y publier sa généalogie en quelques clics. Il faut éviter de se fier à ces travaux, sans connaître la rigueur de son auteur. Ils sont faciles à identifier: ils ne contiennent normalement aucune source, ou que des sources discutables. Des erreurs reprises d’ouvrages publiés ou pires, des raccourcis par des chercheurs moins scrupuleux, y sont perpétuellement répétées.

Interrogez la parenté

Première étape: interrogez la parenté. Les vieux oncles et tantes sont souvent une mine d’information précieuse. Profitez de l’occasion pour les visiter. Posez des questions sur vos ancêtres. Quels sont leurs noms? Où habitaient-ils, et quand? Tous ces détails, même imprécis, seront d’une grande aide quand vous vous lancerez dans la recherche de documents qui les concernent.

Tout noter au fur et à mesure peut rendre l’exercice fastidieux pour le chercheur comme son interlocuteur. Armez-vous d’un téléphone intelligent pour enregistrer la conversation, et d’un appareil photo pour reproduire documents, notes ou photos que votre intervenant aura sous la main.

Attention, les informations ainsi colligées ne constituent pas nécessairement des preuves en soi. La mémoire est une faculté qui oublie. Les réponses à vos questions auront sans doute leur lot d’imprécisions, malgré les meilleures intentions du monde. Il s’agit ensuite de vérifier et de documenter les histoires colligées. Demandez aussi s’ils ont des documents rangés dans le grenier. Avec un peu de chance, vous pourriez découvrir des photos inconnues d’aïeux, que vous pourrez reproduire sur le champ. Des testaments, contrats et titres de propriété peuvent aussi être d’une aide précieuse pour dresser la petite histoire d’une famille. Certains auront des bibles de familles, où des informations seront notées sur plusieurs générations.

Après l’enquête auprès de la parenté, on peut s’attaquer aux sources documentaires.  Le document principal pour lier un individu avec ses parents est l’acte de mariage.

Depuis l’Ordonnance Villers-Cotterêts de 1539, les mariages religieux inscrits dans les registres paroissiaux doivent indiquer les parents des nouveaux mariés. Ainsi d’un mariage à l’autre, on peut remonter de génération en génération. Mais, les registres ne respectent pas toujours ces règles à la lettre, et l’ordonnance royale a mis du temps à être appliqué partout dans le royaume de France.

C’est d’ailleurs une très bonne idée de s’initier tôt aux registres paroissiaux et autres documents officiels. D’abord, c’est le meilleur moyen de valider ses informations. Puis, on se fait l’œil à la paléographie (lecture des écritures anciennes) au fur et à mesure qu’on recule dans le temps, sans trop d’efforts.

Archives du N.-B.

Nous sommes choyés dans notre province, car nos archives publiques ont entrepris depuis quelques années la numérisation des enregistrements de l’état civil (naissances, mariages et décès) pour les rendre accessibles gratuitement à la population par internet.

Les naissances sont accessibles jusqu’en 1919, alors que les décès et mariages sont disponibles jusqu’en 1964. Mais, il y a peu de documents avant les années 1890. Si la période couverte n’est pas très longue, il s’agit tout de même des documents officiels, qui dépassent les registres paroissiaux communicables, particulièrement pour les mariages et les décès. L’état civil est souvent plus riche en informations que les actes religieux.

Pour les actes religieux BMS (baptême, mariages et sépultures), il y a deux options principales. Il existe des ressources en ligne (comme ancestry.ca) qui contiennent la plupart des registres paroissiaux d’Acadie numérisés, le plus souvent jusqu’en 1920. Mais certains de ces services peuvent être assez onéreux. Je reviendrai sur la question dans une prochaine chronique.

Les sociétés de généalogie ou d’histoire tiennent aussi des collections de documents ou ouvrages (répertoires BMS) de leurs membres qui permettent de remonter sa généalogie gratuitement après avoir réglé les frais d’adhésion.

Je présenterai les divers centres de ressources de la province, et les outils qu’ils ont à offrir, dans la prochaine chronique sur ce thème. En attendant, j’invite tous les clubs, associations et sociétés concernées à me faire parvenir leurs coordonnées et leurs heures d’ouverture.

Invitation

J’invite les chercheurs et généalogistes à me faire part de leurs découvertes sur des familles du Nouveau-Brunswick ou de l’ancienne Acadie, comme sujet potentiel de chronique. Si vous avez un ouvrage de généalogie en voie de publication, je pourrai aussi en parler dans ces pages. Vous pouvez me joindre par courriel.

 

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