Un procès politique

Que la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick soit l’objet d’attaques mesquines de la part du chef du parti de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick ne saurait étonner personne. Ce qui est par contre déplorable, ce sont les déclarations incendiaires du premier ministre Gallant et de son ministre responsable des langues officielles Donald Arseneault.

Les néo-démocrates, les progressistes-conservateurs et les libéraux semblent vouloir se liguer pour faire un procès politique à la commissaire digne des régimes totalitaires. Le chef de l’opposition officielle, Bruce Fitch, évoque même la possibilité de déposer une motion à l’Assemblée législative pour destituer la commissaire d’Entremont. Le premier ministre Gallant refuse de dire si ses députés voteraient pour ou contre le renvoi de celle-ci.

Autant le premier ministre Gallant et son ministre des langues officielles trouvent que la commissaire devrait moins chercher à appliquer de manière rigoureuse la Loi sur les langues officielles et plutôt faire la promotion des bons côtés du bilinguisme dans la province. Ce rôle n’a pas échappé à la commissaire d’Entremont dont le bureau a publié en mars 2015 une étude sur les avantages et le potentiel économiques du bilinguisme au Nouveau-Brunswick. Les détracteurs de la commissaire d’Entremont ont-ils pris la peine de lire ce rapport avant de se lancer à l’attaque contre celle-ci?

Le ministre Arseneault n’éprouve aucune gêne à vouloir dicter la ligne de conduite de la commissaire. Celui-ci pousse son ingérence dans ce dossier jusqu’à affirmer que s’il occupait le poste de commissaire aux langues officielles, il aurait un autre comportement que celui de madame d’Entremont!

Si au fédéral, l’ancien premier ministre Harper avait voulu envoyer de la sorte sous l’autobus le commissaire fédéral aux langues officielles, on aurait pu s’attendre à une très forte réaction des organismes minoritaires de langues officielles empreinte d’indignation. Alors pourquoi pas une telle mobilisation au Nouveau-Brunswick pour faire savoir haut et fort au gouvernement Gallant et aux partis politiques qu’ils ont franchi la ligne rouge?

Il faut que la commissaire puisse faire son travail en toute indépendance sans être victime d’intimidation.