«Il n’est pas que gens célèbres… Il est aussi plus de gens simples et modestes qui, jour après jour, au cours des siècles, ont, à leur manière écrit l’Histoire.»
– Auteur inconnu

Nous poursuivons cette semaine le thème Comment entreprendre sa généalogie amorcé il y a deux semaines.

Après avoir sondé la parenté et profité de l’état civil numérique de la province (archives.gnb.ca), il faut se rendre dans les centres de recherches régionaux pour poursuivre la recherche de ses ancêtres. Vous risquez aussi d’y rencontrer des généalogistes bénévoles aguerris qui pourront vous guider davantage.

Dans chacun des centres, le chercheur débutant trouvera à peu près tout ce dont il a besoin pour bien poursuivre son ascendance. On y trouve des outils confectionnés par des généalogistes qui nous ont précédés.

En tête de liste viennent les répertoires de baptêmes, mariages et sépulture (BMS). Ce sont des index détaillés des registres paroissiaux qui peuvent être très utiles pour remonter ses lignées rapidement. Mais ils ont parfois aussi leurs défauts. Certains détails dans les actes originaux, qui peuvent s’avérer importants, y sont parfois omis par souci de standardisation. Ils demeurent néanmoins incontournables, si ce n’est que pour cibler les actes à consulter plus tard dans les registres officiels. Ensuite, il y a les recensements, qui ont tous été transcrits ou indexés au Nouveau-Brunswick depuis celui de 1851.

Chaque centre détient également plusieurs ouvrages colligés par ses membres traitants des familles locales. De même, les monographies paroissiales (histoire locale) sont très utiles pour mieux comprendre le parcours des aïeux dans une région donnée. Certains centres ont aussi en leur possession les microfilms des registres originaux de leur secteur.

Nord

Avec la suspension des activités de la Société généalogique du Restigouche, la Société Généalogique du Nouveau-Brunswick a perdu son seul penchant francophone.

Malgré l’arrêt de ses activités officielles, les répertoires et autres outils de la Société généalogique du Restigouche sont toujours disponibles pour les généalogistes de la région, à la bibliothèque du Centenaire de Dalhousie. Ceux qui ont besoin d’aide pour amorcer leur quête peuvent prendre rendez-vous avec Suzanne Blaquière à la réception de la bibliothèque (684-7370).

Nord-Ouest

Dans le Madawaska, les généalogistes voudront consulter la Société d’histoire du Madawaska, et leur Centre de documentation et d’études madawaskayennes. Leur collection est disponible à la Bibliothèque Rhéa-Larose à l’Université de Moncton, campus d’Edmundston.

À Grand-Sault, le chercheur peut aussi joindre le Club de généalogie de Grand-Sault, qui conserve sa collection à la bibliothèque municipale de l’endroit.

Nord-Est

Pour la Péninsule acadienne et la région Chaleur, il faut se rendre à Université de Moncton, campus de Shippagan.

La Société historique Nicholas-Denys (SHND) y élit domicile. La collection comporte le même type d’outils que les autres centres, couvrant son territoire. Mais elle contient également plusieurs autres documents, dont des fonds de documents originaux de la région. Sa Revue d’histoire, publiée depuis 1970, est aussi riche en études traitant de l’histoire et des familles de son territoire.

À Tracadie, les citoyens de la région peuvent également adhérer au Club de Généalogie Tracadie, qui détient une collection qui couvre généralement de Miramichi à Belledune. Ses locaux sont situés à l’Académie Ste-Famille, local 218. Des bénévoles accueillent les chercheurs du mardi au jeudi, en après-midi. Information: 393-7214 ou 395-3444.

Sud-Est

Les Acadiens du Sud-Est peuvent profiter de la mecque de la généalogie acadienne: le Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson, à la Bibliothèque Champlain de l’Université de Moncton.

Le centre détient une collection impressionnante de documents d’époque qui traite des familles acadiennes.

On y trouve les dictionnaires, répertoires et microfilms de registre paroissiaux, qui couvrent l’ensemble du territoire Acadien, ancien et «moderne» – du moins ceux qui ont survécu aux aléas de notre histoire. Depuis des générations, des chercheurs acadiens se sont acharnés à dénicher et reproduire les sources traitant des Acadiens conservées à l’étranger, pour alimenter la collection du Centre.

On y conserve également les notes de généalogistes et d’historiens acadiens qui nous ont précédés, comme celles de Placide Gaudet, qui a sondé les Acadiens à une époque où la mémoire de la déportation était encore fraîche dans les esprits.

On y trouve également le manuscrit de la deuxième partie du Dictionnaire généalogique des familles acadiennes (1715-1780), en cours de production. Cet ouvrage est incontournable dès que l’on atteint le 18e siècle. Mais, sa version manuscrite n’est accessible qu’avec la permission du personnel du centre, jusqu’à sa publication. Avec la première partie qui l’a précédé (1636-1714), ce dictionnaire est d’une rigueur impressionnante. Les filiations non documentées – nombreuses en généalogie acadienne – sont justifiées par des notes détaillées sur le raisonnement menant aux conclusions postulées. Le travail de Stephen White est inégalé à cet égard.

Une deuxième édition de la première partie est d’ailleurs en préparation, comprenant les nouvelles découvertes depuis 1999.

Il faut dorénavant éviter les ouvrages qui l’ont précédé, pour ne pas tomber dans les vieux pièges, et de perdre d’innombrables heures après avoir emprunté une fausse piste.

Nous poursuivrons ce thème dans deux semaines, en examinant les ressources en ligne, les bonnes adresses internet à consulter, et celles à éviter.

En attendant, profitez de cet intervalle pour visiter votre centre de recherche régional, pour vous familiariser avec les outils disponibles sur place. Vous pourrez ainsi vous initier à la recherche généalogique conventionnelle, avant de vous lancer à l’aveuglette dans l’univers web.

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