Cela m’est arrivé comme à des milliers de travailleurs avant moi. J’avais à peine eu le temps de démarrer mon ordinateur que déjà ma supérieure venait me tapoter sur l’épaule en me demandant de la suivre. J’aurais dû m’en douter peut-être, mais je ne m’en doutai pas. En deux et trois mouvements, on m’informa que j’étais mise à pied.

Cela bouscule, il n’y a aucun doute. Je pense à ceux et celles qui ploient sous les responsabilités familiales, avec tous les coûts que cela représente. Dans ce genre de situation, la perte d’un salaire peut être catastrophique.

– Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ?

– Non. Le chiffre d’affaires est en baisse alors nous réduisons l’effectif.

La réponse m’a un peu rassurée. J’étais simplement la suivante sur la liste.

Tout d’abord, quelques heures après l’annonce comme telle, je me suis sentie en convalescence. J’en conclus qu’il me fallait guérir de la surprise, que j’ose appeler un choc, car je ne m’attendais pas à ce que mon éventuel départ survienne de cette façon-là, à ce moment-là.

Puisque j’avais récemment envisagé de me consacrer à certains projets, le lendemain, déjà, la convalescence était terminée. Je me sentais libérée, comme si je sortais de prison. Qu’on le veuille ou non, le travail salarié permet des choses, mais il en empêche beaucoup d’autres, pensai-je en rangeant les lumières de Noël qui garnissaient encore nos sapins devant la maison.

Et pendant les jours qui ont suivi, j’ai vaqué à toutes sortes de petites choses, essayant de mettre de l’ordre dans mes affaires avant d’envisager les plus gros projets, ceux qui créeront d’autres désordres.

Entre-temps, les manchettes défilent: les travailleurs étrangers gagnent de la considération, au procès Gomeshi succède la pédophilie de Jutra, la production du musical The Sound of Music par l’équipe du Capitol enchante Moncton et… l’enseignement de base de certains métiers revient par la grande porte à Néguac.

Je lève mon chapeau à cette initiative. Car comme le dit l’enseignant Guillaume St-Cœur, toutes les connaissances sont bonnes. Et j’ajouterais que pour moyenner sans trop de peine dans la vie, on ne peut jamais avoir trop de cordes à son arc.

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