La semaine dernière, je suis allé sur le site internet de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) pour connaître la performance des élèves de Singapour au test PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves). Par hasard, j’ai trouvé des exemples de questions posées aux élèves de 15 ans des pays membres de l’OCDE.

En 2012, on testait les compétences en mathématiques. Voici l’exemple que l’on retrouve sur le site internet du test PISA. Il s’agit d’une question de niveau 6, soit le niveau de difficulté le plus élevé du test.

«Hélène vient de recevoir un nouveau vélo, avec un compteur de vitesse fixé sur le guidon.

Le compteur de vitesse indique à Hélène la distance qu’elle parcourt et sa vitesse moyenne pour le trajet.

Hélène a roulé de chez elle jusqu’à la rivière qui se trouve à 4 km. Il lui a fallu 9 minutes. Elle est rentrée chez elle en prenant un raccourci qui fait 3 km. Il ne lui a fallu que 6 minutes.

Quelle était la vitesse moyenne d’Hélène (en km/h) lors de cette balade aller et retour à la rivière?»

Avez-vous trouvé la réponse? Selon l’information que l’on retrouve sur le site internet de l’OCDE, seulement 4% des élèves canadiens ont un niveau de compétence égal ou supérieur à ce niveau de difficulté. Ce résultat place le Canada au 15e rang des pays où l’on fait passer le test aux élèves de 15 ans.

Les élèves de Shanghai sont les plus doués alors que 31% des élèves de 15 ans ont un niveau de compétence en mathématiques égal ou supérieur à ce niveau. Les élèves de Singapour arrivent 2e avec 19%.
Vous trouvez le problème compliqué? En voici un simplifié, mais construit selon le même raisonnement. S’il y a 75 km qui séparent Clair et Saint-Léonard et que ça prend 1 heure pour m’y rendre en auto, à quelle vitesse, en moyenne, ai-je voyagé?

Je n’ai jamais vu le vrai test PISA. Je suppose que les questions sont bien différentes. Mais comme je m’interrogeais la semaine dernière pour ce qui est des compétences en français, je me pose des questions aussi concernant les compétences en mathématiques.

Il n’est pas question, dans cet exemple, de calculer le positionnement exact d’un satellite à sa 1000e révolution autour de la terre. C’est comme pour la langue française. Les erreurs les plus courantes ne concernent pas l’usage du subjonctif imparfait.

En fait, en mathématiques comme en français, les élèves ont fait des apprentissages beaucoup plus complexes que ce qui leur est demandé sur ces évaluations.

Bien sûr, nous apprenons bien plus que ce que laissent présager les résultats au test PISA. Du moins, je l’espère. Sinon, c’est quand même beaucoup d’argent dépensé pour en arriver là. Chaque année, nous investissons 1,1 milliard $ seulement au Nouveau-Brunswick.

N’allez pas réprimander les enseignants. Nous ne sommes pas les seuls qui sont dans cette situation. La moyenne des pays de l’OCDE se situe à 3%. Des pays comme les États-Unis et l’Angleterre se classent plus bas que nous.

Mais nous devons nous poser de sérieuses questions. Mes étudiants estiment que nous en demandons trop aux élèves en ce sens que les programmes d’études sont peut-être surchargés. Ainsi, il serait difficile pour les élèves de comprendre les concepts suffisamment en profondeur. En d’autres mots, plutôt qu’apprendre autant de connaissances, il faudrait plutôt miser sur la compréhension!

Dans ce cas, peut-être qu’au lieu d’aller à 75km/h avec nos élèves, nous devrions nous contenter d’aller à 28km/h?

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