Cette semaine, j’ai dépoussiéré un vieux rapport qui date de 2007. En effet, j’ai refait la lecture du rapport de la Commission sur l’éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick, mieux connu sous le nom de la Commission L’Écuyer-Miner. Comme bien d’autres rapports de ce genre, celui-ci s’est retrouvé sur les tablettes.

J’aime bien, à l’occasion, explorer ces documents. C’est un peu comme regarder dans le contraire d’une boule de cristal. Les commissaires, généralement, brossent un portrait de la situation à partir duquel ils font des projections du futur, si rien ne change. Dans le cas des commissaires Jacques L’Écuyer et Rick Miner, leurs constats et leurs projections me semblent dangereusement justes.

Bien que le rapport aura 9 ans en septembre, les données qui ont servi aux commissaires datent, pour leur part, de 10 ans. Grosso modo, les commissaires, dans leur état des lieux, traitent de l’avenir de l’éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick. Ils observent, comme c’est le cas pour l’ensemble de la province, que la dénatalité va exercer une pression sur la viabilité des institutions postsecondaires.

Les commissaires n’avaient pas projeté une date précise où l’une ou l’autre des institutions allaient devoir fermer. Cependant, comme ils l’avaient anticipée, la situation devient de plus en plus difficile pour les campus de l’Université de Moncton à Edmundston et à Shippagan. En dix ans, ces campus ont perdu respectivement près du tiers et du quart de leur population étudiante.

Les rapprochements administratifs de ces campus avec ceux des Collèges communautaires (CCNB) ont permis de respirer un peu mieux, sur le plan des finances. Mais pour combien de temps encore? La population étudiante des écoles secondaires semble se stabiliser, mais elle n’augmentera pas, du moins, elle ne va pas revenir à ce qu’elle était en 2006.

Les commissaires L’Écuyer et Miner avaient vu juste, il me semble, en affirmant que les infrastructures actuelles (en 2006, mais c’est encore le cas en 2016) sont des atouts importants et incontournables pour la population de la province. Ils notent, par exemple, que la proximité (moins de 80 km) est un facteur non négligeable favorisant la poursuite des études au niveau postsecondaire.

Les études postsecondaires, dans une économie mondiale, sont de plus en plus une nécessité. Dans ce contexte, garantir l’accès de proximité aux populations du Nord-Ouest et du Nord-Est de la province doit être une priorité du gouvernement provincial. Là-dessus, le rapport L’Écuyer-Miner est clair.

La solution des commissaires était de créer des polytechniques, sorte d’institutions hybrides regroupant les collèges communautaires avec les campus universitaires. J’ignore toutes les raisons qui ont conduit ce rapport sur les tablettes, mais je crois qu’il faut admettre que le statu quo semble de moins en moins viable.

Pour que notre jeunesse puisse encore recevoir une formation en français dans notre province, il va falloir proposer une réorganisation de l’offre. J’en suis même à me demander s’il ne faudrait pas viser la création, du moins pour les francophones, d’une seule institution postsecondaire réunissant les collèges communautaires et l’Université de Moncton.

Du point de vue du jeune, je crois qu’ainsi, nous serions mieux en mesure de lui proposer un parcours de formation plus centré sur ses besoins de développement vie-carrière. Du point de vue des institutions, avec des paramètres clairs et sans sacrifier la qualité de ses services, chaque constituante pourrait mieux utiliser ses ressources en formation, recherche, développement, création et innovation.

Mais surtout, il faut éviter une nouvelle commission d’étude, si le résultat est que son rapport se dirige directement sur une tablette. Ça, on n’en a plus les moyens!

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