J’aurais vraiment aimé parler d’autre chose que des propos haineux qui circulent librement sur les forums de CBC-Nouveau-Brunswick – ne serait-ce que parce que c’est faire trop de cas des méchants qui s’y donnent à cœur joie, – mais l’affaire est trop grave pour qu’on n’en prenne pas la pleine mesure.

Le vrai problème, ce n’est pas la bêtise humaine ou l’étroitesse d’esprit; on ne peut malheureusement rien contre ces deux fléaux. Il faut se résigner: dans toute société il y a un pourcentage (plus ou moins élevé) de personnes qui ne comprennent rien à rien et qui s’empressent toujours de blâmer l’autre pour toute infortune, manquement ou quotient intellectuel minuscule.

Ce qui est en cause dans cette «affaire CBC», c’est d’abord et avant tout, que la société d’État met à disposition, dans la seule province officiellement bilingue au pays, une estrade sur laquelle chaque idiot, méchant ou «écarté» peut projeter sa colère, son racisme et ses menaces, et ce, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression.

Pourtant, au niveau national, cette même CBC a penché, en novembre dernier, en faveur du respect d’autrui, en fermant les forums ouverts sur les droits des autochtones. Le raisonnement avancé à cette occasion est celui qu’on aimerait voir avancé aujourd’hui: Trop de commentaires anonymes dépassaient ou violaient les paramètres acceptables, étaient haineux, ignorants ou encore «de la haine déguisée en ignorance». Est-ce à dire que ce qui n’est pas acceptable pour les autochtones l’est pour les Francophones? Permettez que je m’interroge!

La question du droit à la libre expression en même temps que du respect des lois du Canada qui – faut-il le rappeler? – punissent même l’incitation à la haine n’est pas nouvelle. Le National Post décidait en septembre dernier d’exiger des gens qui s’expriment sur leurs forums qu’ils s’identifient via Facebook; voilà une façon élégante de ménager les deux.

Une chose est certaine, à mon sens: la CBC se doit d’arracher le micro à ces marginaux de nos sociétés. L’Acadie tout entière le réclame et elle est appuyée par bien des anglophones qui se sentent aussi scandalisés que nous de ce laisser-faire (et plus sans doute puisque ces éléments viennent de leur groupe linguistique).

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