Iron Man, Capitaine America, Hulk, Spider-Man, Thor, Ant-Man, Superman, Batman… Ces superhéros invincibles qui sauvent le monde envahissent notre univers quotidien grâce aux bandes dessinées et aux nombreux films qui leur sont destinés. Ils sont intelligents, musclés, puissants, presque indestructibles et on aime bien s’y identifier. Mais nous avons aussi d’autres superhéros, tout aussi incroyables, en Acadie. Et ils sont encore mieux, parce qu’ils sont à côté de nous. En chair et en os.

Évidemment, ils ne portent pas une cape, ni un masque. Ils ne filent pas à des vitesses vertigineuses. Ils ne projettent pas de rayons destructeurs avec leurs yeux ou des missiles avec leurs mains. Ils ne volent pas jusqu’à la stratosphère. Ils ne protègent pas la Terre d’un cataclysme imminent, ni de monstres extraterrestres hideux. Nos superhéros sont tout aussi «super» que «héros». Et c’est peut être pour cela que nous les admirons tant.

Ils se contentent de faire des choses pas mal plus terre-à-terre. Ils chaussent des espadrilles et vont battre des records. Ils enfilent des patins et vont marquer des buts. Ils endossent leurs uniformes et vont lutter pour la victoire. Ils enseignent et montrent l’exemple aux plus jeunes. Ils incluent les enfants à besoins spéciaux dans leur programme. Ils frappent la balle le plus loin possible. Ils gagnent et ils perdent. Mais surtout, ils persévèrent et brisent des barrières afin d’atteindre les plus hauts sommets.

Par exemple, quand on scrute un tant soit peu le parcours des deux Acadiens qui seront officiellement intronisés au Temple de la renommée sportive du Nouveau-Brunswick en juin, ils méritent amplement le qualificatif de «superhéros».

Bernard DeGrâce aurait pu demeurer à Shippagan et probablement regretter jusqu’à la fin de ses jours de ne pas avoir grimpé tous les échelons le menant au rôle d’arbitre dans la Ligue nationale de hockey. Après tout, aucun autre Acadien – même le grand Roméo LeBlanc – y était arrivé. Mais il a rêvé. Il a persévéré. Il a appris de ses erreurs. Chaque jour, il a endossé l’uniforme blanc et noir et pris son sifflet dans le seul but de donner le meilleur de lui-même sur la patinoire. Il a été honnête. Il a été vrai. Et il a monté, une à une, les marches jusqu’au sommet. Et de 1989 à 2002, il a arbitré 350 matchs dans le circuit Bettman. Il mérite sa place au Temple de la renommée sportive du N.-B.

Patty Blanchard aurait également pu se contenter de courir dans les rues de Dieppe uniquement pour garder la forme. Mais elle avait besoin de plus. Elle a rêvé. Elle a persévéré. Elle a appris de ses erreurs. Chaque jour, elle a chaussé ses souliers dans le seul but de donner le meilleur d’elle-même sur la piste ou sur la route. Elle a été honnête. Elle a été vraie. Et elle a monté, une à une, les marches vers le sommet. Et Patty a dominé la course au Nouveau-Brunswick pendant trois décennies, sans oublier des exploits sur les scènes nationale et internationale. Elle est la reine de la course chez nous. Et elle mérite sa place au Temple de la renommée sportive du N.-B.

Nos superhéros de bandes dessinées et de films sont merveilleux et nous sommes des millions à apprécier leurs prouesses, mais ils ont un quelque chose d’inatteignable. Aussi bons soient-ils, ils ne sont que fiction. Ils ne sont qu’imagination. Ils ne sont que le fruit de quelques savants coups de crayon. Alors que Bernard et Patty, eux, sont vrais. Tout comme Yvon Durelle ou Ron Turcotte. Ou encore Willie O’Ree ou Rhéal Cormier. Ils sont réels. Ils sont en chair et en os. Et ils sont de chez nous.

Ils sont autant d’exemples qui démontrent à quel point les seules limites que nous affrontons dans le sport et dans la vie sont celles que nous nous imposons. Ces limites, ces peurs, c’est comme l’effet de la kryptonite verte sur Superman. Elles nous paralysent. Elles épuisent nos forces. Elles nous rendent vulnérables. Et soudainement, nos rêves deviennent inaccessibles. Et nous passons à côté d’un grand moment de notre vie. Et on sent compte ensuite que nous en sommes les seuls responsables.

Bernard et Patty, comme toutes ces personnes exceptionnelles ou ces équipes qui aujourd’hui ont leurs places au Temple de la renommée sportive du Nouveau-Brunswick à Fredericton, nous démontrent à quel point il est possible, autant pour nous que pour les autres, d’accéder au sommet. De jeter aux poubelles nos craintes et nos peurs. De jeter aux ordures cette mauvaise kryptonite qui nous fait malheureusement croire, à tort, que le succès ne nous appartient pas parce que nous venons de régions éloignées. Je sais, ce n’est pas facile de briser des barrières. Mais quand on travaille et qu’on persévère, on est capable de tout, comme l’ont démontré Bernard et Patty durant toute leur carrière sportive.

Mais encore mieux, ils ont également montré la voie à suivre. Au hockey, Jean et Ghislain Hébert ont suivi les traces de Bernard DeGrâce et ils parcourent aujourd’hui les arénas de la LNH. À la course, Geneviève Lalonde a couru dans les pas de Patty et elle est aujourd’hui une des meilleures sur la scène internationale en steeplechase. Et d’autres suivront dans d’autres sports, j’en suis persuadé.

Oui, nous avons plein de héros chez nous. Et ils sont pas mal «super»!

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