Divergence: Allégence: le début de la fin

Untitled-1En plus d’utiliser pratiquement le même schéma narratif que Hunger Games, la série Divergence se heurte au même problème: le troisième film de la quadrilogie (en salles depuis vendredi) est aussi ennuyeux qu’inutile.

Divergence est une série de trois livres pour jeunes adultes lancés au début des années 2010 par la jeune auteure new-yorkaise Veronica Roth. Comme pour Hunger Games (trois romans qui ciblent le même public publiés quelques années plutôt par Suzanne Collins), le dernier tome de la trilogie est divisé en deux au grand écran.

Les sagas Twilight et Harry Potter avaient auparavant aussi utilisé cette tactique, l’idée étant d’étirer la sauce afin d’engranger le maximum de recettes aux guichets.

Et comme pour Hunger Games, et à la limite Twilight, le troisième épisode de la série Divergence est une immense déception. Réalisateur et scénaristes tentent tant bien que mal d’acheter du temps, mais dans les faits, il ne se passe pratiquement rien à l’écran. Résultat: la série progresse à pas de tortue vers une conclusion que l’on aurait souhaitée plus hâtive.

Au-delà du mur

Rappelons que l’intrigue de la série Divergence se déroule dans un futur apocalyptique: depuis une centaine d’années, les survivants se sont emmurés dans ce qui reste de Chicago. Afin d’assurer la paix, les citoyens sont divisés en cinq clans (dont je vous épargne les détails), chacun ayant un rôle bien défini à jouer dans le bon fonctionnement de la société.

Dans le (plutôt réussi) premier film, une jeune femme du nom de Tris (Shailene Woodley) découvrait que, pour une raison inconnue, elle ne peut être classée dans un des clans. Elle est donc une divergente – un type dont les meneurs de la société se méfient et tentent d’anéantir en raison de leur esprit libre.

Le (médiocre) deuxième film traitait des efforts de Tris, de son amoureux Four (Theo James) et de son frère Caleb (Ansel Elgort) pour empêcher que deux des clans s’unissent et sèment le chaos sur Chicago afin de renverser la classe dirigeante.

Dans ce troisième épisode, Tris et ses amis se font à nouveau rebelles au péril de leur vie. Cette fois, ils désobéissent aux ordres et escaladent le mur qui entoure Chicago.

Ils y découvriront des terres désolées et arides, visiblement dévastées par des armes chimiques et nucléaires.

À la recherche de survivants et de réponses à ce qui a bien pu décimer le monde 100 ans plus tôt, ils découvriront plutôt une vaste conspiration où Chicago n’est que le vulgaire terrain de jeux d’un despote (Jeff Daniels, dénudé d’émotion).

Quelques innovations

Certains éléments de Divergence fonctionnent bien. La trame sonore est à point et donne beaucoup d’impact aux images (qui en ont bien besoin).

Plusieurs concepts de science-fiction, notamment au niveau de la technologie, apportent un bienvenu vent de fraîcheur à un genre qui a tendance à constamment plagier Star Wars.

Le spectacle des terres arides, principalement coloré de rouge, est puissant et somme toute innovateur. Et la plupart des personnages en position d’autorité ou pourvus d’un courage hors norme sont des femmes, ce qui mérite d’être salué.

Beaucoup de ratés

Malgré ces bonnes notes, Divergence: Allégence échoue lamentablement dans beaucoup trop d’autres domaines.

L’intrigue, pour une, est gênante. Le film n’a absolument aucun rythme, ce qui va totalement à l’encontre du style d’écriture énergique de Veronica Roth.

Les ennuyeuses (et prévisibles, même pour ceux qui n’ont pas lu les livres) révélations se succèdent, tellement qu’on finit par ne plus trop savoir quel est le véritable agenda de tout un chacun.

Certains éléments du scénario sont risibles. À commencer par le fait que Tris est toujours impeccablement coiffée et maquillée dans un monde enseveli sous la poussière de briques et les cendres. Et qui part en expédition sur des terres hostiles et inconnues sans apporter eau, nourriture, équipement et boussole? Ridicule.

Ce qui est vrai pour le scénario l’est aussi pour la métaphore, totalement ratée. À force de viser dans toutes les directions avec sa critique sociale (armes nucléaires, environnement, classes sociales, pouvoir totalitaire, manipulations génétiques), Divergence: Allégence tente de se faire subtil, mais perd tout impact.

La bonne nouvelle, c’est que cette troisième partie marque, au sens propre comme au sens figuré, le début de la fin d’une franchise qui, au final, aura eu trois chapitres de trop.
Shailene Woodley – Vous l’avez peut-être vue dans…

Les Descendants (2011)

The Spectacular Now (2013)

Divergence (2014)

Nos étoiles contraires (2014)

Divergence 2: L’insurrection (2015)

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