Lorsque nous étions à nos débuts scolaires, les enseignants nous précisaient que le printemps débute le 21 mars; point à la ligne. Or, les savants de notre ère moderne ont décrété qu’en 2016, le printemps débutera le 20 mars. Scientifiquement, cette disparité repose sur le moment où le Soleil traverse le plan équatorial de la terre. À ce moment, l’astre est au zénith de l’Équateur, accordant aux nuits et aux jours la même durée approximative partout sur la Terre, dans les deux hémisphères, sud et nord.

Loin de se compliquer la vie, nos sages aïeux s’en tenaient au 21 mars comme début du printemps tout en émettant un bémol de temps à autre. «Une hirondelle ne fait pas le printemps», nous précisaient-ils. Étaient-ils les précurseurs de nos savants contemporains? Le sens du proverbe repose sur le fait qu’il ne faut pas tirer de conclusion à partir d’un élément unique. Sans pour autant épingler précisément la date du début du printemps, le monde animal bat au rythme des saisons.

Pour plusieurs d’entre nous – du moins pour ceux qui lèvent les yeux de temps à autre de leurs téléphones intelligents – l’arrivée du rouge-gorge (merle d’Amérique), sans pour autant concorder avec les données scientifiques, nous signale que l’hiver cédera place au printemps.

Après une migration automnale, les rouges-gorges nous arrivent vers la mi-mars. Les mâles sont les premiers arrivants, suivis des femelles environ une semaine plus tard. Il n’est plus rare cependant, à cause des changements climatiques, qu’ils précèdent leur arrivée de quelques semaines. Ils retournent dans la même aire de reproduction qu’ils ont occupée l’année précédente. Les températures plus chaudes du printemps sont un facteur important qui marque leur arrivée, puisqu’ils doivent creuser le sol à la recherche de vers. Par contre, s’ils se butent à un sol gelé, ils tourneront leur attention vers les petits fruits de l’automne précédent encore attachés aux branches. Les rouges-gorges sont dotés d’un œsophage ou canal extensible entre la bouche et l’estomac. Cette caractéristique leur permet par temps froid, par exemple, d’emmagasiner des réserves de fruits avant de s’installer pour la nuit. Ce phénomène est sans doute essentiel à leur survie lorsque les températures nocturnes sont à la baisse.

À l’automne, le rouge-gorge ne suit aucun « trajet » de migration prédéterminé. Au lieu de retourner dans la même région, il semble errer selon l’abondance saisonnière de vers et de fruits, ses aliments préférés. La migration vers le sud s’étend de septembre à la fin novembre.

Son aire de répartition s’étend en Amérique du Nord de l’Alaska jusqu’au sud du Mexique. Sa poitrine de couleur cannelle tirant sur le roux à rouge brique, le rouge-gorge a la tête noire, le pourtour des yeux blanc, le bec jaune, la gorge striée de noir et de blanc et le dos gris. Un des premiers oiseaux à chanter le matin, il est l’un des derniers à se faire entendre le soir. Sa sonorité musicale est un baume sur un hiver, qui pour plusieurs a duré trop longtemps! Il a un vaste répertoire de chants et de cris. Le mâle chante davantage que la femelle. Son chant probablement le plus connu est le joyeux tchirili, tchirop, tchirop, tchirili, tchirop.

La période préaccouplement comprend le nourrissage de la femelle par le mâle, la cérémonie des becs ouverts où le mâle et la femelle s’approchent l’un de l’autre et se touchent le bec, de même que les chants. Le choix du lieu de nidification et la tâche de la construction du nid reviennent à la femelle. Elle façonne le nid en forme de coupe à l’aide de boue mélangée avec de l’herbe et de petites brindilles. Elle tasse la boue avec ses pattes et son bec et la moule avec son corps. La construction du nid peut s’étendre sur deux à six jours, période durant laquelle la femelle peut effectuer plus de 180 allers et retours.

La première couvée est produite vers la fin mai et celle-ci est normalement suivie d’une seconde couvée et parfois, lorsqu’une fin d’été s’allonge, d’une troisième. Les œufs bleus, parfois blancs, sont généralement au nombre de trois ou quatre. La femelle couve les œufs pendant 12 jours en moyenne. Aux demi-heures, elle se dresse sur le bord du nid, tourne les œufs et fait un petit vol pour se dégourdir. Les petits restent au nid de 13 à 16 jours.

La femelle commence la couvée suivante habituellement 40 jours après la ponte du premier œuf de l’année. Quelques fois, la première et la seconde ponte se chevauchent de sorte que les oisillons de la première ponte soient encore au nid. En pareil cas, le mâle s’occupe des oisillons de la première couvée.

Nourri par les deux parents, chacun des oisillons reçoit en moyenne une quarantaine de becquées par jour. Le taux de mortalité des jeunes par prédateurs au cours de la première année est de l’ordre 75%.

Tout dépendant de l’aire de répartition, le taux de longévité de ce précurseur printanier varie de deux à quatre ans.

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