Faut-il être complètement cinglé ou tout simplement passionné pour se lever à l’heure des poules tous les jours pendant des mois, avaler un lait frappé de protéines ou quelque oeufs entiers dans un verre (OK, j’ai trop regardé Rocky!) avant de braver le froid, la neige et la glace pour aller parcourir des kilomètres et des kilomètres alors que le soleil se lève à peine?

Pour monter dans un ring et manger plusieurs bonnes taloches sur la tronche ou dans les côtes pendant une bonne demi-heure, parfois plus, et tout ça, pour une maigre poignée de dollars?

Faut-il être fou pour accepter les risques de blessures à la tête ou de séquelles permanentes possibles au cerveau pour pratiquer son sport favori?

A-t-on affaire à des gens inconscients des dangers ou seulement à des athlètes qui sont prêts à tous les sacrifices pour exceller dans la discipline qui les allume depuis leur plus tendre enfance?

Qu’elle est la motivation profonde de ces pères ou ces mères de famille qui n’hésitent pas une seconde à mettre leur santé en danger pour un petit moment de gloire et quelques centaines de billets verts?

Comment expliquer qu’ils ou elles acceptent de se produire en spectacle devant des centaines de personnes assoiffées de sang ou de coups de poing dévastateurs?

À une époque où on parle de plus en plus des commotions cérébrales dans le sport et de leurs effets à long terme, ces guerriers du quotidien n’hésitent pas à enfiler les gants et à tenter de survivre face à un adversaire qui va les marteler de coups et tenter de les expédier au pays des rêves.

Oui, pourquoi?

La réponse est simple. Ils ont la boxe dans le sang.

Ce n’est pas un simple sport pour ces athlètes, c’est un véritable mode de vie.

Leur quotidien est réglé en fonction des entraînements et des combats à venir.

Ce n’est pas pour rien qu’on voit des boxeurs revenir à la compétition après avoir annoncé leur retraite plusieurs fois. Ils ne sont tout simplement pas capables de se passer de leur passion, de leur raison d’être. Sans la boxe, plusieurs ont de la difficulté à donner un nouveau sens à leur vie.

Voilà pourquoi tous ces athlètes amateurs (ils sont payés, mais ne gagnent pas leur vie avec la boxe) ont sauté dans l’arène du Club Lions de Moncton samedi soir.

C’était leur 15 minutes sous les réflecteurs, leur dose biannuelle d’adrénaline, le fruit de tous leurs efforts, de leurs sacrifices.

En montant sur le ring, on pouvait voir la fierté et la détermination dans leurs yeux.

Tous et toutes ont savouré le moment, même ceux et celles qui ont quitté la scène avec un sac de glace sur l’épaule ou une serviette dans le visage. C’était leur moment à eux.

C’était leur chance de montrer à tout le monde ce qu’ils ont dans le ventre, pourquoi ils se sont imposés autant de sacrifices dans les mois précédents.

Oui, les boxeurs et les boxeuses sont une race de monde différente.

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