J’arrive de l’Ouest canadien mais je n’ai pas vu l’ombre d’une montagne. Il paraît qu’on peut voir les Rocheuses de Calgary mais je n’ai pas eu cette chance.

Je m’y suis par contre réveillé(e?) avec un gros mal de tête le lendemain de mon arrivée en provenance d’Edmonton. On m’a expliqué que cela était sans doute dû à un décalage de pression atmosphérique, Calgary s’élevant à plus de mille mètres d’altitude, près du double de l’altitude d’Edmonton.

La pente fut douce cependant car jamais je n’ai senti ahaner l’autobus Red Arrow, ou flèche rouge comme se plaît à dire Pamela Sing, la professeure de littérature du Campus Saint-Jean qui m’accueillait à Edmonton. Petite dame joyeuse et énergique, dont la famille d’origine chinoise est établie à Vancouver depuis trois générations, il est difficile de croire que madame Sing fut un jour des plus timides.

–  Je pense que c’est le français qui m’a sauvée. À l’école, cette matière me réussissait bien et j’y ai pris goût. Ce succès m’a valorisée et donné confiance en moi.

À Edmonton, le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta fait penser à l’Université de Saint-Boniface de Winnipeg. Quelque 600 jeunes y font leurs études postsecondaires. Ces jeunes viennent de familles Franco-albertaines parlant toujours le français, de classes d’immersion et d’autres pays de la francophonie.

S’il n’est pas étonnant d’apprendre que le nombre de franco-albertains «de souche» s’en va diminuant, il est réconfortant de voir autant de jeunes d’origines diverses investir la francophonie, comme le fit jadis la professeure Sing. Ces jeunes ne parlent pas tous le français avec assurance et, à l’extérieur de la salle de la classe, la plupart d’entre eux reviennent à l’anglais.

Les dirigeants du Campus Saint-Jean voudraient bien que leurs étudiants et étudiantes parlent le français, aussi imparfait soit-il, en dehors des cours. Ils aspirent à faire du français une langue décloisonnée, c’est-à-dire une langue bien vivante en dehors de la salle de classe.

Dans ce contexte, entendre des jeunes parler entre eux un français truffé de mots anglais constituerait non seulement un moindre mal mais, à vrai dire, un progrès.

Eh bien, qui aurait pensé ça…

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